Le 14 Décembre dernier, IBM Human Centric Solutions Center (HCS) a présenté les résultats de sa collaboration avec le lab de recherche italien Vislab et plusieurs start-up. Ces innovations, conçues à l’origine à destination des personnes handicapées, ouvrent des champs applicatifs bien plus vastes.

Le futur de la mobilité intelligente est dans nos poches

Pour Alberto Broggi, professeur à l’Université de Parme, les services géolocalisés[1] se présentent de plus en plus comme un enjeu stratégique. Le scientifique Italien est aussi PDG du Centre Vislab[2], qui a collaboré avec le Human Centric Solutions Center (HCS) deIBM au projet "Autonomie Mobile".

Le projet, qui s’est concrétisé avec un voyage d’environ 15 000 km (parcourus en 3 mois et sans carte) de Parme jusqu’à l’Exposition Internationale de Shanghai, avait plusieurs objectifs. Le premier, de permettre la remontée des données de qualité (décibels, température, CO2, etc.), qui seront analysées et interprétées par les laboratoires IBM. Le deuxième, de tester, ainsi que de promouvoir, la technologie de Vislab, à l’étude depuis 15 ans.

Pour l'occasion, deux fourgonnettes électriques[3] ont été mobilisées. L’une était conduite normalement par un chauffeur humain et dotée par IBM de plusieurs capteurs des données environnementales connectés à un smartphone Android NEXUS 1 (relié en bluetooth à un ordinateur). La seconde était "autonome" et équipée d’un système de senseurs embarqués.

Les prospectives ouvertes par le seconde sont surprenantes, à mon avis. C’est difficile à imaginer, mais si la recherche Vislab continue de ce pas, on aura d’ici a 10 ans des "véhicules intelligents", capables de réduire les 93% des accidents routiers qui aujourd’hui seraient dus à des erreurs humaines.

Comment Vislab pourra arriver à ce but ? Tout simplement en continuant à tester les système de géolocalisation "outdoor", dotés de senseurs embarqués, qui permettent de guider les véhicules de façon dynamique, sans besoin ni de conducteur ni de cartes géographiques.

En effet, jusque là on imaginait que la géolocalisation était une thématique reléguée au contexte "outdoor", à des voyages sur de grandes distances ou à des systèmes très avancés. En somme, loin de nos exigences usuelles. C’est là une vision erronée, si on se réfère aux conclusions d’Alberto Broggi, qui a souligné les applications immédiates des ses découvertes, tant pour l’agriculture que pour la conduite sur l’autoroute et la gestion quotidienne du tissu urbain.

En plus, les services géolocalisés vont impacter nos déplacements en externe ("outdoor") comme en interne ("indoor"). Le point d'accès est déjà dans nos poches : notre smartphone. Ce dernier permettra donc, d’un coté, d’intégrer les fonctionnalités des véhicules intelligents (en les rendant sensibles aux données environnementales) ; de l’autre coté, de nous guider à destination.

En fait, les smartphones sont le fil rouge entre le projet "Autonomie Mobile", présenté au début de la Conférence par Vislab, et le projet de IBMHCS, appelé "MAC Guide", présenté dans la deuxième partie.

L’acronyme "MAC" signifie "My Accessible City", une application web installée sur un smartphone, conçue pour guider son possesseur dans le déplacement d’un point A à un point B, soit à l’extérieur (par exemple : le parcours de la Gare de Becon - Les -Bruyères au Siége IBM au 17, Avenue de l’Europe), soit à l’intérieur (par exemple: de l’entrée extérieur du bâtiment à l’amphi où nous étions réunis). Il s’agit d’un service qui pousse en temps réel des infos geolocalisées "pertinentes" pour un utilisateur ayant des besoins identifiés.

Mais IBM n’est pas le seul à s’impliquer dans cette innovation. Le géant américain n’a été que le catalyseur, voire contributeur, de la recherche de deux petites entreprises high-tech : IVéS (Interactive Live Vidéo Services), spécialisé dans les technologies de Géolocalisation "outdoor" pour les personnes ayant des handicaps (avec GPS de précision) et MOBINEAR, spécialisé dans la géolocalisation "indoor" appliquée aux domaines de la distribution et de la restauration rapide.

Avec ce type de géolocalisation on pourra assister, par exemple, à des interactions entre le Bluetooth de notre I-Phone et le WIFI local, ou bien à des interactions du portable avec le code à barre d’un produit exposé dans un supermarché.

Néanmoins, qui peut imaginer les applications d’un tel service lorsque la plupart des smartphones seront capable d’interagir entre eux à courte distance?

Où l’on comprendra à nouveau l’importance des services géolocalisés ; ces derniers, d’après le témoignage de Boggi, seraient actuellement au coeur des stratégies des leaders, notamment Google. Mais si l’intérêt est commun, les stratégies déployées peuvent être, en revanche, très variées.

En fait, tandis que Vislab utilise une approche "dynamique", c'est-à-dire sans maps et fondée sur des senseurs adaptables à toutes les conditions environnementales possibles, Google, fort de son expérience de mapping géographique du monde entier, aurait une approche "statique", visant à localiser à travers des cartes préconstituées.

En tout cas, les variables encore à considérer pour l’implémentation de ces stratégies sont innombrables et il faudra encore pour voir une voiture "autonome" ou des services généralisés de géolocalisation "indoor et outdoor" intégrés à notre portable.

Pour le moment, on doit se débrouiller seuls dans la pratique quotidienne, en attendant que ces innovations se diffusent pour faciliter notre vie, mais aussi pour améliorer celle d’autres, moins chanceux, souffrants de handicaps.

[1] Lesquels occupent aujourd’hui la deuxième place parmi les "10  top mobile applications" en 2012 (Gartner, 2010)

[2] Vislab (Artificial Vision and Intelligent System Lab) : spinoff de l’Université d Parme, Italie

[3]  Parmi les fourgonnettes : 2 équipées, les autres 2 de back-up

Rédigé par Federica Migliardi