Pour les salariés américains, pouvoir être licencié sans préavis est un problème. Devoir payer de lourdes cotisations pour bénéficier d'une couverture santé convenable en est un autre. Mais ils semblent ne pas faire le poids face à un autre évènement : celui de la non rémunération des jours pris en congés maladie. Plus des trois quarts des travailleurs interrogés par le centre de recherches d'opinions (NORC) de l'université de Chicago estiment en effet qu'être payé, même lorsqu'on est malade, est un droit fondamental qui doit être garanti par le gouvernement lui-même et qui ne doit pas dépendre de la convention de leur entreprise.

Ce qui est surprenant, c'est qu'une grande majorité estime même qu'il est plus important de mettre au point une législation sur cette question plutôt que sur celle de la limite du temps de travail hebdomadaire. Résultat : le sujet pourrait bien être un argument de campagne non négligeable pour les candidats, puisque près de la moitié des participants annonce être plus encline à voter pour l'un des prétendants ayant inscrit le sujet sur ses tablettes.

Cette requête s'appuie bien évidemment sur une réalité qui n'est pour le moment pas à l'avantage des travailleurs : si quelques Etats obligent à rémunérer les jours de congés maladie, plus de 40 % des employés issus du secteur privé et les trois quarts des bas salaires expliquent que les leurs ne leur sont pas payés. Résultat : les individus sont nombreux à se rendre au bureau, même s'ils sont contagieux. Et donc faire profiter leurs petits camarades de leurs microbes.

Cette revendication est donc plus que louable et justifiée. Mais question : et si les salariés prenaient le problème à l'envers ? Travailler dans de meilleures conditions, et donc être moins affaibli. Pouvoir accéder aux soins facilement de manière à se soigner rapidement et donc prévenir certaines affections : autant de facteurs qui permettraient de diminuer le nombre de jours où les employés auraient besoin de s'aliter.

Rédigé par Mathilde Cristiani
Head of Media