Plus de deux ans après son introduction au Nasdaq, Google continue de fasciner (beaucoup) autant qu'il irrite (certains)! D'un côté, sa page presque blanche donne au moteur de recherche le...

Plus de deux ans après son introduction au Nasdaq, Google continue de fasciner (beaucoup) autant qu'il irrite (certains) !
 
D'un côté, sa page presque blanche donne au moteur de recherche le statut indétrônable de grand ami des internautes : 56 % d'entre eux (plus de 500 millions d'individus) l'utilisent pour leurs recherches sur la Toile ! De l'autre, sa puissance financière, les données qu'il possède sur ceux qui l'utilisent, comme ses négociations avec le gouvernement chinois pour accéder à son gigantesque marché, confèrent à Google un visage plus réaliste de grande entreprise devant faire face à de nécessaires compromis.
 
Alors, où en est Google ?
 
Côté finances, les résultats sont brillants : l'ogre technologique pèse plus de 143 milliards de dollars en Bourse, génère plus de 730 millions de dollars de bénéfice par trimestre (une croissance annuelle de 96 %) et s'offre le luxe d'acheter YouTube pour 1,65 milliard de dollars, la plate-forme d'échange vidéo, grande star du Web 2.0.
 
Malgré ces performances, plusieurs analystes soulignent précisément l'écart entre la capitalisation boursière de Google et ses bénéfices. Ils soulignent par ailleurs le côté "mono marché" de Google, ce dernier tirant 99 % de ses revenus de la publicité en ligne (60 % AdWords / 39 % AdSense).
 
Mais ne fait-on pas le même reproche à Apple qui tire près des deux tiers de ses revenus via la musique en ligne et les baladeurs numériques ? Faut-il, au nom de l'harmonie, bannir le risque d'un grand succès innovant ? Au-delà de ces questions, la publicité en ligne n'en est qu'à ses débuts, et le sens de l'histoire va clairement du côté de ceux qui considèrent qu'Internet devient progressivement le média le plus important.
 
Parce que son audience le prouve (nous sommes aujourd'hui près d'un milliard), et parce qu'il révolutionne la manière d'écouter de la musique, de lire des articles de presse (Google News, que l'on aime ou non devient le premier média de presse écrite), d'écouter de la radio (vive les Podcasts !) et bientôt de regarder la télévision même si nos chers téléviseurs ne sont pas prêts de disparaître (vive la TV à la demande !).
 
Reste la question des données personnelles qui suscitent l'inquiétude de beaucoup malgré les explications de Google et sa volonté de protéger le plus possible ses utilisateurs. A ce jour la firme n'a pas démenti posséder une copie de tous les emails échangés via Gmail (Source : Mother Jones) !...
 

Google est-il donc toujours une société à volonté humaniste ou définitivement un géant comme les autres ? A l'heure où l'interactivité est reine, en plus du dossier que nous avons réalisé sur le sujet, vous avez été nombreux à répondre à notre sondage, vous pouvez désormais consulter les résultats.

 
Jean de Chambure
Responsable éditorial et veille

(Atelier groupe BNP Paribas – 09/11/2006)