Cette acquisition d'une société spécialisée dans les systèmes de paiement pour jeux sociaux est d'une toute autre portée que le simple ajout de fonctions économiques au futur réseau social « Google Me ».

Par Philippe Gautier, dirigeant de business2any.
J’évoquais récemment l’avènement inéluctable des «objets acteurs» portant en eux leur raison d’être et capables d’effectuer des décisions relatives à leurs partages, via des intelligences logicielles associées. Pilotant par eux-mêmes leurs propres usages, ils deviendraient des vecteurs de création de valeur économique et relativiseraient la notion de propriété, devenue superflue dans bien des cas : aujourd’hui, quand les règles de partage ou les conditions d’accès à une ressource (ex : véhicule) sont compliquées à mettre en œuvre, il est plus commode de la posséder pour en bénéficier sur demande ; faciliter ses conditions d’accès et son partage en tous temps, tous lieux et toutes circonstances rend sa possession inutile. Devenant ainsi des agents économiques dans un internet des objets omniprésent, notamment en produisant ou consommant directement des services, ces objets seraient initiateurs de milliards d’échanges qui pourraient se faire sous la forme de troc ou de micro transactions de nature monétaire dont la valeur serait appréciée à des niveaux très subsidiaires…
Impacter l’économie
Les échanges actuels, procédurés et réglementés, sont essentiellement effectués en référence à des valeurs fiduciaires (monnaies notamment), outils de mesure communément reconnus par les agents économiques en action. Le développement des objets intelligents multipliera des formes nouvelles d’échanges : situées, en temps réel, massivement parallèles et à des échelles inconnues jusqu’ici. La plupart de ces échanges se feront au sein d’organisations latentes et émergentes, c’est à dire non anticipées, observables a posteriori et créées par les opportunités de l’internet des objets. Ces nouvelles organisations seront autant d’écosystèmes –parfois éphémères- où, au-delà du troc, la notion de monnaie, en tant qu’intermédiaire d’échange, s’appréciera dans le seul contexte local de la valeur des échanges : selon l’usage ou le service rendu, les objectifs poursuivis par chaque agent concerné, l’état de l’offre ou de la demande, etc.
Google vise aussi l’Internet des Objets et l’économie de l’usage
Dans un tel système, il est vain de considérer la monnaie comme outil de mesure commun, sa valeur fluctuant selon les contextes. Conséquemment, elle ne sera que rarement employée dans ses autres fonctions historiques de réserve de valeur ou d’unité de compte. Dans cette économie de l’usage où la valeur des choses est fonction de leur usage du moment, du service rendu ou des agents économiques : un sèche cheveu partagé est inutile pour les chauves, le paiement devient un palliatif occasionnel au troc de services et se limite à des contextes précis. Les systèmes de paiement développés par des entreprises, telle JAMBOOL, s’inscrivent dans ce cadre. GOOGLE se donne ainsi les moyens de répondre aux enjeux à venir…