Cette année, le Web Summit a pour la première fois posé ses quartiers à Lisbonne, après cinq éditions à Dublin. Découvrez les grandes tendances de ce sommet des nouvelles technologies, qui a réuni cette année plus de 53 000 participants.

IA, robotique, RA et voitures autonomes : ce qu'il fallait retenir du Websummit

Paddy Cosgrave, CEO du Web Summit, l’affirme lui-même lors d’une conférence de presse donnée au cours de l’événement : « sur les deux dernières années, le nombre de start-ups spécialisées dans l’intelligence artificielle a littéralement explosé. ». Une réalité audible sur le salon, installé dans le quartier Parqua des Naçoes, près de la gare d’Oriente, où l’intelligence artificielle est sur toutes les lèvres. Celles de Mike Schroefer, d’abord. Mardi matin, le CTO de Facebook ouvre le bal sur la scène centrale, où il dévoile la stratégie de Facebook pour les dix prochaines années. Avec la volonté de briser la fracture numérique et l’accent mis sur la réalité virtuelle, l’intelligence artificielle constitue l’un des trois grands axes de la stratégie du géant californien. « Chacune des deux milliards de photos postées chaque jour par les utilisateurs de Facebook peut aujourd’hui être analysée par nos algorithmes. » affirme-t-il, avant de montrer comment son logiciel peut ainsi reconnaître un surfeur prenant une vague sur une photo. Il ajoute que des progrès restent toutefois à accomplir : difficile, par exemple, de faire comprendre à un ordinateur ce qu’est une pizza végétarienne. En plus de rendre l’internet accessible aux aveugles et malvoyants, la reconnaissance d’image promet de révolutionner de nombreuses industries, dont celle du commerce en ligne.

Pour Antoine Blondeau, CEO de Sentient Technologies, l’intelligence artificielle est sur le point de transformer la manière dont nous effectuons des recherches sur la toile : « Durant les quinze dernières années, la barre de recherche de Google est restée plus ou moins identique. Le mois dernier, Sundar Pichai a annoncé que le centre de gravitation de l’internet allait passer du mobile à l’intelligence artificielle. Nous n’aurons plus à chercher des contenus, des produits ou des services, ils se présenteront directement à nous, nos désirs seront anticipés. » prédit-il.
 

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Les robots de Starship Technologies.

 

Des robots omniprésents

Les robots sont également de la partie. Pepper, le célèbre humanoïde développé par Softbank Robotics, apparaît sur scène pour faire preuve de ses talents conversationnels aux yeux du public. L’entreprise estonienne Starship Technologies a également fait le déplacement, avec deux de ses petits robots livreurs semblant tout droit issus d’un épisode de Star Wars. Selon Ahti Heinla, CEO de l’entreprise, ils sont capables de se déplacer de manière autonome et un humain peut prendre les commandes à distance en cas de pépin. Le concours de start-ups organisé durant l’évènement couronne la start-up suédoise KUBO pour son robot conçu afin d’enseigner le code aux jeunes enfants.

© Redline

 

Si l’image des drones est souvent liée au projet d’Amazon, conçue pour offrir des livraisons rapides dans les zones urbaines et prospères, l’entreprise Redline fait souffler un vent nouveau sur cette technologie. Son objectif ? Construire des spatioports pour drones en Afrique, et employer ces derniers pour répondre aux besoins de la population locale. Livraison de médicaments, de pièces détachées, de courrier, de biens de consommation courante : autant de fonctions que les infrastructures actuelles ne permettent pas d’assurer de manière satisfaisante, et dont les drones pourraient facilement se charger. « Il est tout à fait possible d’utiliser des technologies très avancées pour répondre aux besoins des populations défavorisées. En Afrique, la robotique permet d’obtenir un très haut niveau d’efficacité, en sautant l’étape d’industrialisation massive qu’ont connu d’autres pays. Nous sommes aujourd’hui entrés dans une ère post-industrielle, et il faut employer des méthodes qui correspondent à notre époque. Je suis convaincu que d’ici 2030, chaque pays émergent aura son « droneport ». » affirme Jonathan Ledgard, fondateur de Redline et ancien correspondant de The Economist en Afrique.

 

L’avenir de l’automobile

Difficile de sonder l’avenir sans évoquer les voitures autonomes. Johan de Nysschen, président de Cadillac, monte sur scène pour présenter le logiciel de conduite assistée développé grâce à la technologie de Cruise Automation, start-up rachetée par General Motors (qui possède également Cadillac) en mars 2016. Capable de piloter le véhicule lors de situations de conduite simples (autoroute, embouteillage), le système utilise la reconnaissance faciale et la technologie haptique pour s’assurer que le chauffeur demeure attentif à ce qui se passe sur la route, en analysant les expressions de son visage ou s’assurant qu’il garde les mains sur le volant, par exemple. Si le logiciel détecte que le chauffeur est inattentif, un signe lumineux suivi d’un rappel sonore l’incite à reporter son attention sur la route. Aucun véhicule ne permettant pour l’heure d’assurer une conduite autonome parfaitement sécurisée, il est capital que les conducteurs demeurent attentifs.

 

 

Carlos Ghosn, PDG de Renault, présente quant à lui la stratégie de son entreprise pour collaborer avec les start-ups autour du véhicule autonome : « Dans certains cas, nous allons vers une start-up car leur technologie nous intéresse et nous voulons d’eux un service très précis. Dans d’autres, nous souhaitons qu’elles demeurent entièrement indépendantes, nous nous contentons d’investir dedans et les laissons construire leur modèle. Le troisième cas de figure, la véritable collaboration, est aussi le plus complexe, car les start-ups ont une main d’oeuvre et un nombre de départements plus réduits, il est difficile de trouver les bons interlocuteurs. La création de postes dédiés aux problématiques technologiques peut être une solution. »

Enfin, la réalité augmentée fait aussi sensation. Durant la présentation de Mike Schroefer, on visionne un petit film mettant en scène un avatar virtuel de Marc Zuckerberg communiquant avec sa femme via un appel vidéo sur iPhone, avant de prendre avec elle un curieux selfie mêlant virtualité et réalité. Gaia Dempsey, cofondatrice de DAQRI, présente quant à elle le casque intelligent développé par son entreprise pour assister la conduite : « Notre objectif est d’accroître la sécurité au volant : alors que nos véhicules deviennent toujours plus complexes et bardés d’options, ce casque permet de garder les yeux rivés sur la route tout en consultant en surbrillance un certain nombre d’informations utiles à la conduite. » explique-t-elle.

Rédigé par Guillaume Renouard