Depuis quelques temps, il n'est pas rare d'entendre que dans plusieurs années, chacun se verra implanter une puce sous la peau. Celle-ci couvrirait un large domaine d'intervention : l'identification de l'individu porteur...

Depuis quelques temps, il n'est pas rare d'entendre que dans plusieurs années, chacun se verra implanter une puce sous la peau. Celle-ci couvrirait un large domaine d'intervention : l'identification de l'individu porteur (pour les autorités, pour les transports...), le paiement mobile, la téléphonie, etc. Cette éventualité n'est pas du goût de tout le monde, et fait craindre certaines dérives.
Celles-ci ont notamment été relevées par le Groupe Européen d'Ethique (GEE), une instance indépendante chargée de donner des avis à la Commission européenne sur les aspects éthiques des sciences et des nouvelles technologies. L'organisation a émis une alerte sur la menace que représentent les implants de matériels liés aux TIC lorsque celles-ci ne se font pas dans un but uniquement médical.
Selon l'avis que le GEE a remis, ces puces représenteraient des dangers pour la dignité humaine et les sociétés démocratiques, parce qu'elles peuvent être détournées de leur fonction première et servir des fins de surveillance des individus et de leurs activités. Dans une communication spéciale, le GEE précise que la notion éthique de l'inviolabilité du corps humain ne doit pas être considérée comme un "obstacle à l'avancement des sciences et des technologies, mais comme un obstacle à leur abus possible".
Sur le plan purement médical, le groupement reprend l'exemple des implants cérébraux conçus pour réduire les tremblements dus à la maladie de Parkinson, pour dire que les implants ont la capacité d'influencer le système nerveux, notamment le cerveau, et qu'ils peuvent ainsi avoir un impact sur l'identité humaine en tant qu'espèce. L'idée de manipulation n'est pas loin.
C'est alors que nous revient à l'esprit un extrait de l'article "Pourquoi le futur n'a pas besoin de nous", composé par Bill Joy, directeur de la Recherche de Sun Microsystems : "Si les avancées technologiques ne sont plus à nos yeux que des événements de routine ou presque, il va pourtant falloir se résoudre à regarder les choses en face : les technologies les plus incontournables du XXI e siècle - la robotique, le génie génétique et les nanotechnologies - représentent une menace différente des technologies antérieures. Concrètement, les robots, les organismes génétiquement modifiés et les "nanorobots" ont en commun un facteur démultipliant : ils ont la capacité de s'auto-reproduire. Une bombe n'explose qu'une fois ; un robot, en revanche, peut proliférer et rapidement échapper à tout contrôle.
Par Anaïs Grassat

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