Une récente étude montre qu’un enfant a plus de sens commun qu’une Intelligence Artificielle

Une Intelligence un peu trop Artificielle

Il est fini le temps où l’on pouvait râler devant une partie de jeu vidéo perdue parce que l’Intelligence Artificielle (IA) était « trop forte ». Ces plaintes sonneront faux maintenant qu’une étude, qui vient d’être présentée à la conférence américaine sur l’intelligence artificielle à Washington par l’Université de l’Illinois affirme que l’Intelligence Artificielle a les capacités d’un enfant de… quatre ans. C’est en effet la conclusion d’une expérience menée sur ConceptNet 4, un système d’IA mis au point par le MIT auquel ils ont fait passer le test de la Wechsler Preschool and Primary Scale of Intelligence, destiné aux enfants de deux à sept ans.

Si ConceptNet 4 n’a eu aucun problème pour réussir les tests de vocabulaire et de reconnaissance des similitudes, il en a été tout autrement à la partie compréhension, où l’IA a majoritairement échoué pour répondre aux questions commençant par « Pourquoi ». Pour Robert Sloan, le professeur de l’université ayant dirigé cette étude, c’est le sens commun qui fait défaut aux IA, ce qui s’acquiert soit par l’expérience, soit en se faisant une opinion d’une situation ou de faits. Ainsi une IA saura à quelle température l’eau gèle mais ignorera que la glace est froide.

Mais ne vous moquez pas d’un ordinateur qui n’est guère plus efficace qu’un enfant de quatre ans, car l’Université de Barcelone pourrait vous ramener à ce jeune âge, virtuellement tout du moins. En effet, elle a effectué une étude en plaçant trente personnes dans un environnement dit de «réalité virtuelle » dans lequel ils intégraient soit le corps d’un enfant de quatre ans soit celui d’un adulte de la même taille qu’un enfant de cet âge. Le corps virtuel et le réel se déplaçaient simultanément. A la fin de cette mise en situation, les candidats ont dû évaluer la taille des objets virtuels. Ils les ont tous surestimés, et ceux ayant intégré le corps de l’enfant de quatre ans l’ont fait de manière encore plus forte. Cette étude tend donc à prouver que non seulement nous évaluons la taille de ce qui nous entoure par rapport à celle de notre propre corps, mais qu’en outre, un certain processus intellectuel, peut-être celui de la mémorisation de l’enfance, entre aussi en compte. 

Rédigé par Timothée Sicot
Chargé de veille