Un lecteur m'a transmis par mail ses desiderata sur le site de L'Atelier. C'était gentil, il a pris le temps de répondre à ma requête, comme quelques-uns des visiteurs réguliers de L'Atelier - que je remercie encore à cette occasion - afin de préparer nos 30 ans. Enfin les 30 ans de l'entité dont je suis un des représentants. Et lui a été "cash" comme on dit quand on est vieux et qu'on essaye de faire jeune et qu'on veut dire que la personne a été très critique. Outre "un traitement souvent "techno-béa" de l'information, avec manque de critique vis à vis de la nouveauté" et un "traitement très léger de l'information, peu ou pas d'approfondissement", notre ami m'a également confié qu'un des défauts du site de L'Atelier était "l'absence de vie communautaire du site (ex : peu/pas de commentaires)".

Pour être franc, le "l'" n'était pas inclus à l'origine dans son mail. Bon, ses remarques m'ont bien abattu toute la soirée. D'autant que pour certains sujets, il est vrai l'équipe éditoriale dont je fais partie n'est pas au top tout le temps. Il y a pourtant une remarque qui me laisse perplexe. L'absence de vie communautaire. Comment puis-je faire en sorte de faire commenter les lecteurs ? Quelles indications dois-je donner à mon équipe et m'appliquer ? Mettre une icône twitter pour twitter son mécontentement en direct, et en profiter pour annoncer la pluie avant les médias traditionnels ?

Faire des articles qui finissent par : "qu'en pensez-vous" ? Accepter que les journalistes donnent leur avis dans les articles qu'ils traitent histoire de provoquer ceux qui ne pensent pas pareil ? Moi, ce dernier point, je suis contre : l'expert n'est pas un journaliste, et inversement. Et puis se posera toujours la question de la légitimité, de notre rapport à la maison mère BNP Paribas et des conséquences éditoriales. Donc c'est compliqué. Donc je n'ai pas de réponse. Et ça, c'est peut-être le truc qui m'agace le plus. Mais bon, comme dirait un des compositeurs (*) attitrés de Schreck avant de l'être, attitré, "life is hard and so am I, you'd better give me something, so I don't die, Novocaine for the soul" !

(*) eels - beatiful Freaks, maintenant "E", pour Mark Oliver Everett

Rédigé par Renaud Edouard-Baraud
Directeur général de L'Atelier BNP Paribas Asia