Merci à toi, Spike Jonze de m'avoir fait pleurer à 11h ce matin, transformant mon mal de ventre initial en un douloureux pincement au coeur.

Le responsable de ce petit chagrin matinal est le moyen-métrage "I'm Here", du réalisateur du déjanté "Dans la peau de John Malkovich". Et du plus récent mais non moins fou "Where the wild things are". Mais aussi de clips considérés comme des chefs d'oeuvre du genre par les aficionados. Le clip "Sabotage" des Beastie Boys, ça vous dit quelque chose?

Le film qui a provoqué mes velléités lacrymales, Nathanaël vous en avait parlé en janvier déjà dans un blog s'interrogeant sur les liens entre cinéma et marketing.
Il annonçait le financement du prochain film de notre ami Jonze, par la compagnie éthylique "Absolut Vodka".
Trois mois plus tard, le bébé est né et il s'appelle "I'm Here".

C'est l'histoire d'un amour absolu entre deux robots. L'un est solitaire, gauche et mélancolique. L'autre est une charmante machine, populaire, branchée, vive et fantasque. L'union classique de la Belle et de la Bête, version cybernétique. On pense à Wall-E. Mais là où le personnage de Wall-E se suffisait à lui-même, celui du robot Sheldon semble n'attendre qu'une chose, un élément perturbateur dans sa vie grise réduite à un routinier "bus-boulot-rechargement-dodo".

Dans l'univers d'"I'm Here", les robots cohabitent avec les humains, travaillent aussi mais à des postes inférieurs. Ils n'ont pas le droit de conduire des voitures. N'ont pas de rêves.
La femme-robot, Francesca, elle, fait toutes ces choses. Elle conduit. Fréquente des concerts de rock humains. Et surtout, rêve. Elle part du principe qu'on peut toujours rêver. Il suffit juste de s'inventer ses propres rêves.

L'amour absolu chez S. Jonze, c'est revisiter l'amour physique en partageant littéralement son flux d'énergie. Ce sont des scènes dans la forêt d'un onirisme à couper le souffle dans lesquelles le couple tombe lentement amoureux sans jamais que cela tombe dans le cliché grossier.
C'est juste d'une tristesse crasse, désespérée, écorchée mais "dieu, dieu que c'est [...]"* bon.

Et ce que j'aime tout particulièrement chez Spike, c'est que l'Autre, le monstre, souvent, est le plus humain quand l'être humain est juste ce "sauvage qu'on réfrène"**.
Ni l'un ni l'autre n'en sont pour autant antipathiques. Ils sont juste "Here", ici.

I\'m Here

Pour voir ce court-métrage, n'étant plus disponible sur le site même, je vous invite à le voir pour "de vrai", sur un grand écran.
Pour sa sortie, Absolut Company a mis en place une salle de projection itinérante. Comment ça ?
Hé bien, le film sera projeté toutes les heures dans un container de quatorze places, et ce, gratuitement. Cette salle de projection quelque peu insolite fera le voyage à Beaubourg, au 104 puis dans d'autres villes.

On peut d'ores et déjà découvrir I'm Here depuis le 17 mars sur le parvis du Centre Pompidou, jusqu'au 29 mars.
On pourra retrouver ce container magique au 104 du 4 au 16 mai.
Attention, si les places sont gratuites, elles sont limitées. Je vous recommande de réserver puis de les retirer sur place.

Et bon "brisage" de coeur!

* ** "A l'Origine" & "Négatif" - Benjamin Biolay - qui d'autre?

Rédigé par Lila Meghraoua
Journaliste/Productrice radio