Pour une N-ème fois de suite, je rencontre des difficultés en travaillant avec les russes. Rien à avoir avec de la xénophobie : je suis moi-même originaire du pays des bouleaux, des ours et de la neige. Mais la manière avec laquelle ils traitent les journalistes, c'est assez impressionnant. Il n'est jamais possible d'avoir une interview tout de suite, comme cela se fait en France. Jamais le même jour, jamais même la même semaine. Il faut d'abord appeler. Parler avec trois personnes. Envoyer les questions. Sans aucune réponse, rappeler. Renvoyer les questions. Rappeler. Obtenir la promesse d'avoir les réponses d'ici peu de temps. Attendre. Rappeler. Rappeler. Les réponses sont prêtes, mais la direction doit encore les valider. Et elle en réunion... Rappeler... N jours plus tard, avoir les réponses à condition que l'article soit relu avant la publication. Après que le papier est (enfin !) en ligne, recevoir une réponse avec plein de commentaires et de remarques ("vous nous avez mal compris", "nous n'avons jamais dit cela", "il faut changer au plus vite")...
Aujourd'hui, je suis encore sur un article, impliquant mes chers compatriotes. Un moteur de recherche russe collabore avec les chinois pour mettre à jour un nouveau navigateur. Pour une fois, on me promet une interview rapidement, d'ici une heure. Je rappelle... je rappelle... tout est prêt... mais le directeur doit valider... il est en réunion.... Six heures plus tard... Enfin le message ! Avec la proposition de contacter les collègues chinois. Car l'entreprise n'a pas de réponses à me donner.
Oh ! Sacrée patrie...

Rédigé par Diana Ibragimova