L'intérêt d'un salon comme AfricaCom, c'est de permettre aux acteurs du secteur de se rencontrer, de réseauter, de réfléchir ensemble aux moyens de mieux connecter, pour moins cher et avec de belles perspectives de profits. Voilà en gros ce qui va se passer à partir de demain, quand vous grasse mâtinerez tranquillement (une manière détournée de vous rappeler que pour les bienfaits de l'information, oui, je vais travailler un jour férié, sortez les violons, s'il vous plaît, merci).
Reste que, la chose n'est pas nouvelle, tous les pays sont loins d'être au même stade de développement. Je ne vais pas vous faire un cours sur le taux de pénétration du haut-débit pays par pays ni sur le nombre d'abonnés mobiles, mais deux exemples. Le premier, rapporté par une personne rencontrée à Paris et qui travaille actuellement en Centre Afrique. Et qui m'a dit n'avoir pas toujours accès à l'électricité, même dans la capitale. Le deuxième, vécu aujourd'hui. Je rencontre vendredi Julien Faure, dont l'entreprise, Psitek, développe des services utilisant les nouvelles technologies pour améliorer le quotidien des populations défavorisées. Parmi les projets lancés, Kazang, qui propose des points de vente de services prépayés (électricité, assurance...) par réseau mobile dans les townships. Je lui ai proposé de l'inviter pour l'enregistrement de L'Atelier numérique la semaine prochaine, pour discuter de ses projets. Problème : il sera à ce moment-là à Luanda, en Angola et, me dit-il dans son mail, "les lignes téléphoniques sont malheureusement peu fiables", ce qui rend difficile la possibilité de mener une discussion de douze minutes sans interruption.
Dans des pays comme ceux-là, la priorité est de donc de relier les populations à un réseau.
En Afrique du sud,la donne est un peu différente. Un autre exemple. Selon une personne rencontrée aujourd'hui et qui vit depuis quinze ans à CapeTown, les gens - et surtout les Digital Natives - se sont emparés des technologies : mobile, Internet... Le hic, c'est le service après-vente, quasi inexistant. "C'est très long, et peu accomodant", m'a t-elle confié. Comme si opérateurs, fournisseurs de services, etc., s'étaient focalisés sur la technologie et les produits mis à disposition, mais ne s'étaient pas encore penchés sur toute l'infrastructure à construire autour. L'une des conséquences pouvant être une sorte de "consommation jetable" des solutions. Quand ça ne marche pas, on jette ou on va ailleurs. La preuve : sur les adresses mail, l'adresse des serveurs de messagerie change souvent...

Rédigé par Mathilde Cristiani
Head of Media