L'AN 5 vu par un bleu

Deux cent cinquante émissions. 2-5-0. Cinq ans. Je l'avais bien vu en arrivant que A, D, F, et J se connaissaient plus que bien. Qu'il n'était pas seulement question d'un travail. Moi, ça fait tout juste quarante neuf. La première dans un Atelier Numérique, ça fait peur. Ça fait transpirer, ça donne l'impression d'avoir un night club d'Ibiza entre les côtes.

On a le souffle court, ce qui n'est pas pratique quand on veut parler dans l'optique éventuelle de dire des choses intelligentes. Ni quand on représente un peu l'image de la trentenaire cellule de veille de BNP Paribas. Après, c'est la phase euphorique, on trouve que finalement, c'est trop facile, la radio. Puis François remet les pendules à l'heure. "Tu ne dis pas bonjour aux invités". "Tu n'as pas dit bonjour aux invités". "Tu parles trop vite".

Ça remet en place, on se dit qu'au bout de 250 émissions, ce sera déjà pas mal d'arriver à être aussi pro que le dernier embauché de BFM. Heureusement il y a aussi les encouragements. Puis il y a son personnage à trouver. Non pas un avatar déconnecté, mais disons une sorte de meta-soi, qui oscille entre ce que l'on est et ce que l'on sait être. Il y a sa place à trouver, l'univers à intégrer, les différentes cultures, non pas à assimiler, mais à respecter.

Je n'aime pas les voitures, Antoine si, mais ce n'est pas grave. Je reste indifférent devant les produits d'Apple, Dominique pas du tout, mais ce n'est pas grave. Je ne m'intéresse pas aux prix, François si, mais ce n'est pas grave. Je ne m'intéresse pas autant que Jean à l'humain derrière la technologie, et ce n'est pas grave (même si c'est dommage). Bref, il reste du chemin avant de pouvoir ajouter son initiale, mais ça vaut le coût.

Rédigé par Renaud Edouard-Baraud
Directeur général de L'Atelier BNP Paribas Asia