Qu'il est agréable d'errer dans un univers virtuel, de découvrir tous les recoins de ces espaces qui semblent infinis, de vivre une expérience proprement immersive, de s'ouvrir à de nouveaux horizons !
"Là, tout n'est qu'ordre et beauté, luxe, calme et volupté".
Du moins en apparence. Car les mondes virtuels sont aussi le lieu rêvé pour les malfaiteurs en tout genre. C'est ce que révèle une étude de l'université de l'ouest de l'Angleterre, sur le blanchiment d'argent via les mondes immersifs.
Sur la plupart des univers virtuels, il est désormais possible de changer de l'argent réel en biens virtuels - en achetant des accessoires pour son avatar par exemple - et ces biens peuvent être échangés à loisirs, puis revendus. Ça, nous le savions, mais l'étude pose simplement la question suivante : y a-t-il meilleures solutions que celle-ci pour les criminels qui veulent blanchir leur argent sale ?
Et c'est vrai qu'après réflexion, le problème semble évident.
D'autant que selon les chercheurs, près de 750 000 livres (oui, c'est une étude anglaise) sont échangées en moyenne tous les jours sur les plates-formes de ce type, du moins sur les plus populaires d'entre elles.
Ainsi, à en croire l'étude, les malversations sont - pardonnez moi ce mauvais jeu de mots - monnaie courante sur Second Life. Il est tout à fait possible d'échanger des dollars américains en "Linden dollars", et d'effectuer l'opération inverse autant de fois qu'on le souhaite. Selon les chercheurs, il y a par conséquent un vrai problème au niveau du cadre légal. Les échanges monétaires qui s'effectuent sur les mondes virtuels ne répondent pas aux mêmes règles juridiques. Et n'importe qui, c'est vrai, peut aisément s'inventer une fausse identité.
Enfin, j'imagine qu'il doit bien y avoir quelques règles, malgré tout, mais globalement on comprend vite où les chercheurs veulent en venir dans leur étude.
"Les communautés virtuelles ne sont pas juste des espaces de dialogue, il s'agit bien souvent de places de marché lucratives qu'il faut savoir réguler" expliquent les universitaires. Et de conclure : "il n'y a rien de virtuel dans le crime en ligne. C'est tout aussi réel et cela doit être pris en compte sérieusement".
Là, tout n'est que vol et délit, recel troc et blanchiment.

Rédigé par Basile Segalen