Après le partage de revenus imposé par Apple et le rachat de Navteq par Nokia qui aime à se définir désormais comme "Internet Company", c'est au tour de Google de tenter de modifier l'écosystème mobile à son avantage.

Par Thomas Husson, analyste senior chez Jupiter Research
L’Open Handset Alliance n’est pas la première alliance autour de Linux, mais la simple annonce de ses membres en fait de facto la plus vaste et la plus disruptive. C’est une attaque directe contre le système d'exploitation mobile de Microsoft, Windows Mobile mais surtout contre Nokia et son Symbian. Je tiens à rappeler que ce dernier système d'exploitation représente près de 70 % du marché des systèmes mobile en Europe ! L'initiative du leader de la pub online est tout de même soutenue par Samsung, Motorola, LG et HTC, ce qui fera plaisir à l’ancien obligé de Microsoft. Seul Sony Ericsson manque à l’appel.
Obtenir une audience la plus large possible
A part Vodafone et Orange, peu d’opérateurs de poids sont absents. Selon moi, l’objectif pour Google est simple : dans un marché des terminaux extrêmement fragmenté - où il faut bien le dire, le portage java reste le cauchemar des développeurs -, créer un environnement ouvert où ses applications, logiciels et services seront intégrés de manière la plus fluide possible avec le hardware permet à terme de générer des revenus publicitaires. Je n'exclue pas qu’un jour les prototypes de téléphones sur lesquels Google a travaillé deviennent un jour une réalité commerciale, mais l’enjeu semble limité car l’objectif de Google est d’avoir ses applications embarquées dans le plus grand nombre de terminaux possible, d’où le recours à cette alliance.
Pas une menace à court terme
Selon des sources proches de Mountain View, la gratuité de système d'exploitation devrait permettre aux opérateurs mobiles de réduire de 10 % les subventions de terminaux. Les premiers téléphones devraient voir le jour au deuxième semestre 2008, mais les coûts ne devraient pas baisser significativement tant qu’il n’y aura pas d’effet volume. Il s’agit donc d’une menace à moyen et long terme. Il est intéressant de noter que Google, comme challenger et nouvel entrant, a choisi un système totalement ouvert, le plus à même de déstabiliser les acteurs existants. Reste maintenant à la société de fédérer une communauté de développeurs. Premier acte : le lancement du kit logiciel (SDK) la semaine prochaine…