Les jeunes générations ne sont ni arriérées, ni incultes. Elles créent juste de nouveaux systèmes de communication qui ne sont pas très accessibles à leurs aînés. Nuance.

Les fautes d'orthographe se multiplient lors des dictées malgré l'augmentation du budget de l'éducation ! La grammaire propre aux messages courts envoyés depuis les téléphones portables influe sur la structure des phrases couchées sur papier ! Oui, et alors ? C'est vrai, il est agaçant de peiner à la lecture des messages où manquent la moitié des voyelles. On pourrait parfois se croire dans le roman d'anticipation Niourk (New-York en novalangue) de Stefan Wul. Agaçant, parce que cela signifie que dans un nombre grandissant de domaines, nous faisons désormais partie de la catégorie des spectateurs et non plus des acteurs de l'innovation.
Maîtriser l'écran et le papier
J'éprouve ce même sentiment d'incrédulité lorsque je vois les jeunes naviguer sur les portails vidéo ou photo en l'absence de toute structure graphique classique pour les aider à se repérer. Agaçant car cela signifie cette fois qu'ils manient l'image comme un vrai langage. Et parce que, même si je n'aime pas le dire, cela signifie que je ne suis plus "un jeune". Il n'y a qu'à voir deux études issues d'universités américaines. La première démontre que les adolescents savent parfaitement séparer l'écriture sur support électronique (SMS, messagerie instantanée, twitter...) de celle plus institutionnelle sur support cellulosique. En résumé, ils maîtrisent non seulement ce que les générations antérieures leur ont apporté, mais aussi un média qui leur est propre.
L'IM, un nouveau langage
Autre apport, cette fois amené par le Dr. Pamela Takayoshi, de l'université du Kent : "la messagerie instantanée n'est pas juste une grammaire déviante ou un tas d'erreur". L'IM serait un langage séparé de l'anglais formel avec ses propres particularités : informel, explicite, amusant, raccourci et élaboré en même temps, mettant plus en valeur le fond que la forme. Certes, tout cela ne dit pas quoi faire face à l'augmentation des fautes d'orthographe. Une suggestion : faire écrire les enfants sur ordinateurs, avec l'aide d'un correcteur orthographique digne de ce nom. LOL, non ? TTYL sur le fil twitter de L'Atelier ou dans la colonne de commentaires des articles.