Après un bref succès de curiosité lors du démarrage de l'euro, les consommateurs ont vite repris l'habitude de compter en florins ou en pesetas. Alors que les commission de change ont disparu, ils...

Après un bref succès de curiosité lors du démarrage de l'euro, les consommateurs ont vite repris l'habitude de compter en florins ou en pesetas. Alors que les commission de change ont disparu, ils doivent toujours changer leur argent en payant des frais relativement élevés lorsqu'ils se déplacent dans un pays de la zone euro. Selon une récente enquête publiée par le magazine français Budgets et Droits, les transferts d'argent en Europe restent chers et les commissions sur les virements, souvent opaques, peuvent varier du simple au triple. Selon Visa International, les paiements en euros attirent surtout les voyageurs d'affaires et les adeptes du commerce électronique. Plus d'un million de transactions avaient été effectuées fin avril par carte Visa pour un montant total de 30 millions d'euros, soit 1,35 % de l'ensemble des paiements Visa dans l'Union européenne. Les premiers utilisateurs sont les Espagnols, suivis des Néerlandais et des Belges. Très peu d'européens ont ouvert des comptes bancaires en euros. Selon la banque néerlandaise VSB "la proportion de gens ayant ouvert de tels comptes est inférieure à 1 %". Il s'agit essentiellement de particuliers détenant des obligations d'Etat (libellées en euros) ou plaçant leurs économies dans des fonds d'investissement. Selon l'Association belge des banques, 0,5 % des particuliers en Belgique ont un compte en euros et 5 % des entreprises. 60 % d'entre elles sont des sociétés de gestion de portefeuille. La Banco Bilbao Vizcaya, deuxième banque espagnole, a ouvert 2 063 comptes en euros, soit moins de 0,01 % de ses 7 millions de comptes. Même situation pour la Deutsche Bank : moins de 1 % de comptes en euros. De plus, selon son porte-parole, Detley Rahmsdorf "les chèques libellés en euros sont également très rares, car les gens n'en voient pas la nécessité". Les entreprises, pour leur part, se mettent à l'euro de façon très diversifiée. Elles oscillent en France entre le "tout euro" et le "tout franc" pour la publication de leurs comptes financiers. Selon la Sécurité sociale, seules 47 des 4000 entreprises au Portugal règlent leurs cotisations sociales en euros. Fin février, 0,24 % des déclarations d'impôts et 0,35 % des déclarations de TVA aux Pays-Bas avaient été faites en euros. Selon la banque centrale, en revanche, 25 % environ des PME et 42 % des grandes entreprises néerlandaises émettent des factures en florins et en euros. Alors que la grande distribution a lourdement investi pour se préparer à l'euro, les paiements en euros sont dérisoires, allant même en diminuant. Les Galeries Lafayette en France n'ont ainsi reçu que 800 paiements en euros. Depuis janvier, seuls 400 à 500 encaissements ont été enregistrés au Printemps. Bien que situant la valeur de la nouvelle monnaie entre 6,5 et 6,6 et que 10 % des français connaissent sa valeur aux cinq décimales près, ils sont à peine 3 % à avoir effectué des règlements en euros selon Ipsos-AFP. 1,2 million de chèques libellés en euros ont été émis en 24 semaines, soit 0,02 % du total. Moins de 1 % des opérations réalisées par cartes bancaires ont été passées en euros. Le grand commerce ne s'avoue pas pourtant vaincu. La chaîne de supermarchés Coop en italie, pratiquant le double affichage lire-euro, vient de lancer une campagne "Eureka, habituons-nous à connaître l'euro". Pendant une semaine, une centaine de produits sont vendus au prix d'un euro. Les clients règlent en lires sur la base d'un taux de change plus favorable que la parité officielle. (Dépêche AFP du 30/06/1999 parue dans Yahoo ! France - La tribune - 30/06/1999)