L'accessibilité des sites Web se joue désormais au niveau européen. Trois organismes nationaux de certification proposent une nouvelle norme pour accélérer le développement de sites accessibles...

L'accessibilité des sites Web se joue désormais au niveau européen. Trois organismes nationaux de certification proposent une nouvelle norme pour accélérer le développement de sites accessibles.
 
Alors que les sites Web accessibles aux personnes présentant un handicap visuel ou auditif sont encore trop rares, les trois principaux centres français, belge et espagnol de certification de l'accessibilité des sites lancent un label commun, Euracert. But de la manœuvre: créer un cadre général commun pour une meilleure visibilité et accroître la valeur des labels nationaux. Cette initiative à l'échelle européenne pourrait-elle encourager le développement de l'accessibilité du Web?
 
L'union des forces pour promouvoir l'accessibilité
 
Les trois organismes à l'initiative du projet sont, en France, Accessiweb, Fundosa en Espagne et Web Ona (Belgique). La nouvelle norme européenne certifiera l'accessibilité d'un site aux personnes malvoyantes, aveugles et malentendantes.
 
Chaque label sera attribué pour deux ans. Pour le recevoir, les entreprises et établissements publics intéressés devront obtenir au préalable le certificat de leur pays. Une phase d'audit sera ensuite lancée pour évaluer l'accessibilité du site. Celui-ci devra respecter les recommandations internationales W3C (Web Content Accessibility Guidelines 1.0) et WAI (Web Accessibility Initiative).
 
Pour vérifier l'accessibilité d'un site, même certifié, sur le long terme, des audits seront ensuite réalisés tous les six mois, et les internautes pourront faire part de la mise en place de tout contenu non accessible.
 
Un développement nécessaire
 
Euracert, même si limité géographiquement, devrait néanmoins avoir un impact significatif. L'étiquette européenne, mieux considérée qu'un label national, pourrait en effet motiver des entreprises conscientes de l'enjeu à rendre leurs sites accessibles. D'autant qu'elles pouvaient également être freinées par des coûts de traitement relativement élevés - 1 900 euros pour le label bronze d’Accessiweb en France, 2 600 pour l'argent ou l'or.
 
D'autres pays devraient rejoindre prochainement le projet. "Nous travaillons aujourd'hui étroitement avec l'Angleterre et les Pays-Bas et nous espérons pouvoir doubler le nombre de pays d'ici la fin de l'année", souligne Pierre Guillou pour 01net, le responsable du département Accessibilité au sein de l'association pour malvoyants Braillenet, l'association à l'initiative d'Accessiweb.
 
Et les enjeux de cette nouvelle norme sont importants : en Europe, seuls 3% des sites seraient certifiés accessibles. Et en France, une vingtaine seulement peut revendiquer le label Accessiweb. La route est encore longue...
Mathilde Cristiani pour L'Atelier
(Atelier groupe BNP Paribas – 11/06/2007)