Un organisme européen estime que la politique de Google en matière de conservation des données pourrait être contraire aux lois communautaires. Il interpelle le moteur de recherche dans une lettre ouverte...

Un organisme européen estime que la politique de Google en matière de conservation des données pourrait être contraire aux lois communautaires. Il interpelle le moteur de recherche dans une lettre ouverte.
 
Google doit-il y voir un rappel à l'ordre? Un comité d'experts européens dédié à la protection des données, l'Article 29 working party, questionne Google sur sa politique de conservation des données selon le Financial Times. Dans une lettre ouverte, le groupe estime que le moteur de recherche pourrait aller à l'encontre des lois communautaires sur la protection de la vie privée. Ce, en conservant certaines données personnelles des internautes sur une période pouvant aller jusqu'à deux ans.
 
Google invité à se justifier
 
Dans son courrier, le groupe demande à Google s'il "remplit les conditions nécessaires à la bonne protection des données".
 
Pour chaque recherche effectuée sur son moteur, Google conserve en effet certaines données de l'internaute comme les mots clés, l'adresse IP, ou encore les détails de certains cookies. Selon la firme de Mountain View, ces données visent à améliorer les performances de ses services de recherche.
 
Jusqu'à présent, celles-ci étaient conservées sans limite de temps. Mais au mois de mars, la compagnie s'était engagée à rendre ces informations anonymes au bout de 18 à 24 mois. Sur son blog, Google estimait établir avec cette décision "une juste balance entre deux buts: continuer à améliorer les services de Google tout en apportant une plus grande transparence et assurance sur nos pratiques de conservation".
 
Des délais trop longs
 
Cette décision, considérée comme une victoire par les défenseurs de la vie privée, n'est pas suffisante  pour l'organisme européen. Selon une porte-parole parisienne de Google, dans des propos relayés par Reuters, "[les] préoccupations [du comité] portent sur la conservation des données concernant les recherches effectuées par les utilisateurs pendant une période allant de 18 à 24 mois". Et d'ajouter: "L'organisme concerné, le groupe de l'Article 29, estime que ce délai est encore trop long".
 
Reste désormais à attendre la réponse de la firme de Mountain View. Mais pour Peter Fleischer, conseiller de Google sur les questions de confidentialité, le moteur de recherche procède déjà à de notables efforts. "Nous nous sommes engagés à mettre en place un dialogue constructif avec les instances concernées par la question de la protection des données personnelles, y compris le groupe de l'Article 29, sur la façon d'améliorer les pratiques dans ce domaine dans l'intérêt des utilisateurs de Google et de l'ensemble des internautes", a-t-il souligné dans un communiqué.
 
(Atelier groupe BNP Paribas – 28/05/2007)