Classiquement, alors que je suis en vacances, donc déconnecté (pas plus d'un twit par semaine, pas plus d'une consultation sur Facebook par jour, pas plus d'une lecture de courriels sur Blackberry par demi-heure, pas plus d'une appli iPhone hebdomadaire, pas moins d'une élimination de spams postés sur le site de L'Atelier), conversation sur l'identité numérique.

Je suis depuis longtemps fasciné de n'arriver que très moyennement à reconstituer mes classes de maternelle, 6ème, 5ème, 4ème etc en version numérique. Ce n'est pas faute d'avoir essayé. Je ne compte plus le nombre de fois où j'ai googlelisé, facebooké, viadeoisé, linkediné mes petits camarades devenus vieux. Donc, je partage mon étonnement, et là réponse "certains préfèrent sans doute conserver cette liberté". Bon il y a aussi l'explication changement de nom et mort, mais enfin ce n'est pas le sujet. L'absence sur les réseaux, un bien ?

Cela peut se comprendre. Quand je regarde mon fil twitter/friendfeed/plaxo et que je vois que certains y publient leur volonté (?) de tweeter durant leurs vacances, à la manière d'un péché qu'on avoue dans une communauté où l'on est sur de trouver le pardon, cela se rapproche de cela, du fil à la patte, de la soumission volontaire. Ce qui me fait penser à une nouvelle drôlerie de Cronenberg type eXistenZ, Videodrome, où des acteurs liftés et botoxés livreraient leurs messages essentiels - "RT @renaudedba bien mangé à la tour Trompette #guideresto" - après un - "bonjour mes followers" - que n'aurait pas renié le dératiseur du village de Hamelin.

Rédigé par Renaud Edouard-Baraud
Directeur général de L'Atelier BNP Paribas Asia