Dès la prochaine rentrée, entre 10 000 et 20 000 élèves de Terminale S pourront choisir d'ajouter une nouvelle case à leur emploi du temps : Informatique et Sciences du Numérique. Quelle place cet enseignement peut-il avoir ? Peut-on l'introduire dès l'école?

L’informatique, une matière à part entière ?

Sous l’impulsion du Ministère de l’Education Nationale, Gilles Dowek, chercheur à l’INRIA, soutenu par Jean-Pierre Archambault, s'est consacré à la rédaction et à la publication du premier manuel numérique dont devront disposer les précepteurs de l’informatique.  Aussi, l’enjeu, très important, n’est plus de savoir quelle place revêtent ces connaissances dans notre société, mais plus précisément dans l’enseignement général des générations contemporaines et futures des lycéens (et peut-être collégiens voire écoliers). Au menu, un programme bien chargé : algorithmes et programmation, objets numériques, robotique, formats de fichier, images et sons, communication numérique, réseau, robotique, questions sociétales et juridiques.

Comme le souligne l'auteur, puisque « les besoins croissants en matière d’informatique et de numérique concernent aujourd’hui des compétences diversifiées ainsi que des métiers nouveaux », ces formations auraient vertu à se généraliser dès l’enseignement scolaire pour se poursuivre tout au long du cursus d’un élève. Toujours pour son promoteur, cet enseignement « n’a pas vocation à former des spécialistes, cela étant il peut contribuer à susciter des vocations. » Dès lors, il peut être judicieux de penser qu’il pourrait être inséré dans les programmes des autres terminales, qu'elles soient générale ou technologique.

Quelques petites questions cependant restent en suspens. Peut-on par exemple admettre que les économistes soient sidérés par l'absence de formation à l'économie libérale ? Ou que les musiciens se plaignent de la faible qualité de l’enseignement de la musique au collège ? Ces questions peuvent s’appliquer à de nombreux domaines et sont ouvertes à débat, mais, pour l’instant, seuls l’informatique et les sciences numériques pointent désormais le bout de leur nez dans les emplois du temps des lycéens.

En attendant, on pourra toujours imaginer avec une certaine forme d’amusement les lycéens se plaindre de la nouvelle ligne de programmation, comme les précédentes générations se plaignaient d'une rédaction ou d'une fraction.

Rédigé par Rodolphe Langlois