A L'Atelier, on parle innovation. Tout nouveau système robotisé, solution de réalité augmentée ou dispositif d'alerte qui combine capteurs et téléphone portable a généralement nos faveurs. L'invention sur laquelle je viens de tomber est beaucoup plus prosaïque, puisqu'il s'agit de la canette refermable. Enfin, celle-ci existe déjà, mais elle vient d'être élue "canette de l'année".

On n'y aurait pas pensé. Ou plutôt si, on y pense souvent quand on entame une canette de soda (restons commercialement correct, ne citons pas de marques...) en plein milieu d'après-midi et qu'au bout de trois gorgées, on en a marre, et pas forcément envie de boire cul sec les trois quarts de boisson gazeuse sucrée qui restent avant de partir en réunion. Parce qu'on sait bien que, à notre retour, le délicieux breuvage ne sera plus qu'une eau croupie marronnasse et tiède fort peu appétissante... Et qu'on s'en veut de ne pas avoir acheté une bouteille du même soda, qu'on aurait pu fermer et remettre au frigo...

Pour ceux qui n'auraient pas assisté à la naissance de la canette refermable, elle a été concoctée par un Néerlandais, Antonio Perra. Baptisée BRE, pour Ball Resealable End, elle est produite en collaboration avec Ball Packaging Europe et Coca-Cola (ça y est le nom est lâché) pour la boisson Burn. Techniquement, elle conserve le dioxyde de carbone du soda.

Bon, j'avoue, je n'en aurait peut-être pas parlé si le communiqué n'avait pas été si dithyrambique. Dès le chapô, on apprend que la canette refermable "reçoit une reconnaissance internationale". Oui, madame. Que le produit, décoré à l'occasion d'une "conférence au sommet des fabricants de canette" est destiné à une production "mondiale" et que son fondateur a déclaré "avec ravissement" (sic) qu'il n'aurait jamais "osé rêver" que son invention recevrait un jour une telle reconnaissance internationale. Et moi je ne savais pas que les bulles qui s'échappaient de la canette posaient un tel problème à la communauté des nations. Espérons du coup un succès ravageur à cette invention.

Rédigé par Mathilde Cristiani
Head of Media