Depuis le 1er janvier, 70 observatoires ont déjà été installés en France. Coordinateur euro chez Prisunic, membre de l'observatoire, Camille Jacquemont se désole "sur 25 milliards de chiffre d'affa...

Depuis le 1er janvier, 70 observatoires ont déjà été installés en France. Coordinateur euro chez Prisunic, membre de l'observatoire, Camille Jacquemont se désole "sur 25 milliards de chiffre d'affaires réalisé depuis le 1er janvier, on a dû encaisser 400 chèques en euros. C'est même catastrophique si on regarde les gros efforts pour former le personnel, toutes les calculettes distribuées, le double affichage ... et le client qui boude l'euro". Les banques et la polémique sur les tarifs sont au premier rang des accusés. "Les gens sont dans une grande confusion" à force d'entendre dénoncer le coût élevé des opérations en euros dans la zone euro. Alors que les banquiers comme les commerçants redoutaient un engouement brutal, Camille Jacquemont craint "la démobilisation". Le phénomène repéré à la Société Générale a été mesuré "en janvier, les chéquiers en euros représentaient 4 % des demandes de carnet. On est tombé à 1 % aujourd'hui. Ceux qui voulaient un chéquier l'ont demandé et, comme ils ne s'en servent pas, ou peu, ils ne sont pas près de le renouveler". La BNP traite ces jours-ci 300 à 500 demandes de chéquier par jour "surtout des PME". On chiffre autour de 800 les remises quotidiennes de chèques en euros, chiffre ridiculement faible rapporté aux millions de clients de la BNP. La chambre de compensation de Paris, dédiée spécialement au traitement des chèques en euros, ne croule pas sous la charge . Patrick Bonneté, à la Banque de France comptabilise "début janvier, il y a eu une petite pointe, et après on s'est calé sur un rythme de 4 000 formules" qui rapporté aux 14 millions de chèques s'échangeant chaque jour est particulièrement faible. Les volumes ne sont pas plus importants du côté de la carte bancaire. Chaque jour, la BNP recense 100 à 150 paiements. Sur 5 millions de clients, cela n'est pas beaucoup. Ce manque d'engouement inquiète "si les Français ne s'entraînent pas aujourd'hui, ce sera un choc terrible en 2002 quand ils devront s'y mettre". Secrétaire d'Etat au Commerce et à la Consommation, Marylise Lebranchu assure "il faut refaire campagne pour l'euro, mais pour un euro plus affectif. Dire aux gens, comme aujourd'hui, qu'ils peuvent payer leurs impôts en euros, ce n'est pas ce qu'on a trouvé de plus motivant". (Libération - 17/02/1999)