Pendant des décennies, des millions d’Indiens illettrés ont voté en laissant sur une carte de vote l’empreinte à l’encre de leur pouce. Les choses ont bien changé. A l’occasion des élections...

Pendant des décennies, des millions d’Indiens illettrés ont voté en laissant sur une carte de vote l’empreinte à l’encre de leur pouce. Les choses ont bien changé. A l’occasion des élections législatives qui se déroulent depuis mardi et dureront jusqu’au 10 mai, 660 millions d’électeurs vont pouvoir voter sur le million de machines électroniques de vote mises à leur disposition dans tout le pays.

D’autres pays comme le Brésil ou encore les Etats-Unis utilisent déjà ce type de dispositifs, mais pas dans les proportions indiennes. Les machines électroniques de vote créent d’ailleurs la polémique chez les responsables politiques du pays.

Les défenseurs avancent l’argument que le vote électronique est écologique et va permettre d’économiser des tonnes de papier, dans un pays qui voit ses forêts s’amoindrir ou disparaître. En effet, ce sont 8000 tonnes de papier – l’équivalent de 16 millions d’arbres – qui ont été utilisées lors des dernières élections nationales !

Autre argument en faveur du vote électronique : il serait une arme efficace contre un fléau très répandu en Inde, la fraude électorale. Selon certains, les centaines de milliers de villages situés dans des zones reculées seraient fréquemment le théâtre de manipulations des bulletins par des politiques peu scrupuleux.

Un problème effectivement résolu par la machine de vote électronique, puisque celle-ci permet le transfert du vote directement aux autorités nationales chargées du comptage des bulletins. La machine se trouve dans un isoloir ; il suffit à l’électeur d’appuyer sur le bouton correspondant au candidat pour lequel il choisit de voter, puis de valider son opération.

Du côté des détracteurs du système, on avance que les électeurs peuvent être troublés par cette nouvelle manière de voter. Et une quelconque méfiance vis-à-vis du médium aurait selon eux un effet désastreux sur la participation au vote. Réponse le 13 mai, pour les résultats officiels.

(Atelier groupe BNP Paribas – 21/04/2004)