Dans le milieu des années 90, j'avais une spécialité sûrement très partagée : l'installation désinstallation d'utilitaires logiciels sur ma machine. Je ne parle pas de Word 6 que j'avais précieusement sorti de son écrin de 12 disquettes dont j'avais consciencieusement bloqué les possibilités en écriture. Oui, faut pas déconner. Non, je parle d'utilitaires glanés sur L'Internet via un accès 28800 bauds sur un modem Olitec d'origine française avec mémoire flash usant de la bande passante octroyée par le réseau universitaire Renater dont faisait partie l'université Paris VII. Haaa, ma première adresse en @ccr.jussieu.fr.

Mais là je tends vers le vieux c.., donc j'arrête. Je parle bien des utilitaires pour lire de la musique, dezipper les .RAR (illogisme volontaire), accélérer le surf, FTPiser mes fichiers, construire des sites web en wysiwyg via HotDog de Sausage (ça existe encore, je suis effondré), des cracks, des KeyGen sur Astalavista. Tout ce petit monde faisait exploser mon disque dur et ma mémoire RAM qui devaient avoir les caractéristiques de ceux embarqués dans les téléphones actuels.

Et là, après avoir acheté un PC de marque non-Apple chez un supercommerçant de l'électronique pour la modique (?) somme de 249 euros, j'ai commencé la même chose. Étonnant de voir comment le plus petit dispositif électronique est à la naissance bardé de choses inutiles à l'ère des services web ou des logiciels gratuits car banalisés.

Comme si un nouveau né arrivait avec de très fortes connaissances en statistiques sachant qu'il existe de très bons outils pour se servir de cette satané de loi de Poisson. Bref, faut que j'y retourne, je dois désinstaller 12 systèmes de lecture de musique, qui proposés par des éditeurs, qui proposés par le constructeur.

Rédigé par Renaud Edouard-Baraud
Directeur général de L'Atelier BNP Paribas Asia