271 millions d'euros levés au second semestre 2003. Telle est, selon l'indicateur Chausson Finance, la somme des montants investis par les capitaux-risqueurs dans les sociétés françaises et...

271 millions d’euros levés au second semestre 2003. Telle est, selon l’indicateur Chausson Finance, la somme des montants investis par les capitaux-risqueurs dans les sociétés françaises et européennes proposant des offres innovantes grâce aux nouvelles technologies. Dans ce domaine, où va le sens de l’histoire après l’éclatement de la bulle Internet ?Côte face, c’est une belle reprise du secteur : 27 % de croissance par rapport au premier semestre 2003, soit la plus forte des progressions enregistrées depuis janvier 2000 ! Côté pile, c’est une stagnation par rapport au second semestre 2002 où le même montant avait été investi dans les start-up. Par ailleurs, depuis janvier 2000, date où le montant des investissements dans les sociétés innovantes avait atteint 667 millions d’euros, les sommes investies n’ont presque fait que faiblir, ce qui explique que cette reprise soit « historique »… Où se situe la vraie tendance ? Probablement un peu sur les deux versants. Si la reprise se confirme, le contexte international reste incertain et pèse sur l’ensemble des secteurs de l’économie. Si l’on constate une certaine reprise des tours d’amorçage et des premiers tours, ces nouveaux investissements n’ont représenté que 90 millions d’euros au second semestre, soit moins du tiers de l’ensemble des investissements consentis, les investissements en « late stage » atteignant 181 millions d’euros. Enfin, si des entrées en Bourse intéressantes réapparaissent, la grande majorité des stratégies de sortie des investisseurs se porte vers les fusions/acquisitions : en 2003, le cabinet Regent Associates en recensait 1400 contre seulement 20 entrées en Bourse. Une situation en demi teinte donc pour le capital risque qui semble être pris entre une confiance renouvelée dans certaines sociétés innovantes (biotechnologiques, mais aussi logicielles) et une angoisse toujours aussi terrible de trop risquer après la bulle. Au regard de l’actualité d’Internet et de la téléphonie mobile, des tendances analogues se dessinent. Si Internet entre de plus en plus massivement dans les mœurs des Français en devenant progressivement le médium dont il semble impossible de se passer, la France reste à la traîne des autres pays européens en matière de commerce en ligne ; si les revenus de la téléphonie mobile deviennent en France supérieurs à ceux du fixe, les chiffres des nouvelles générations de mobiles basés sur les données restent insignifiants, faute de services vraiment nouveaux.Le sens de l’histoire va toutefois dans le bon sens. A regarder de près ces actualités, on est tenté d’abandonner la légendaire hésitation du Normand, et de croire, à la manière de Marx, que l’histoire des nouvelles technologies progresse, avec des à-coups, mais qu’elle va dans la bonne direction. Gageons toutefois que ce parallélisme reste formel, étant certain que les TIC peuvent d’abord servir la liberté des individus… et celle des investisseurs avisés !Jean de ChambureRédacteur en chef