Coûts récurrents cachés, évolutions onéreuses, compétences rares. L'utilisation du modèle "software", basé sur la vente de licences perpétuelles atteint ses limites avec la montée en puissance du logiciel en tant que service en ligne.

Par Guillaume Plouin, responsable de la veille technologique chez SQLI
Blog : http://www.tendances.it
Après   avoir évoqué les aspects liés à l'organisation et à la gestion des identités, je reviens sur le SaaS. Cette fois pour parler finances. Si le modèle "software", lancé véritablement par Microsoft, propose d’acheter une fois pour toutes le droit d’utiliser une application de manière perpétuelle, il cache des coûts récurrents : support annuel, renouvellement des licences tous les deux ou trois ans. Par ailleurs, les évolutions régulières des logiciels sont à l’origine de coûts importants liés aux changements de configuration des serveurs et postes utilisateurs. Selon moi, l’exploitation des logiciels par l’entreprise nécessite également des compétences coûteuses, qui sortent souvent du métier de l’entreprise. Par exemple, une plateforme de messagerie n’est qu’une commodité, au même titre que l’électricité. Alors, pourquoi l’exploiter en interne ? Dans le modèle SaaS, le logiciel est hébergé par son éditeur ; l’exploitation et les mises à jour sont donc gérées par des spécialistes.
Des avantages indéniables
Il n’y a donc aucun déploiement à prévoir sur les serveurs ou postes de travail de l’entreprise. Par ailleurs, la mutualisation d’une plateforme et de ses équipes d’exploitation par plusieurs entreprises permet des gains évidents de coûts et de performances. Là aussi la comparaison avec la production d’électricité par un tiers (comme EDF) est très parlante. Enfin, avec les SaaS, on ne paie que ce qu’on utilise grâce à un système d’abonnement adapté à ses besoins. Connaissez-vous le nombre de grands comptes qui paient des licences Lotus sans les utiliser ? Autant de raisons qui font que pour moi, le modèle SaaS est beaucoup plus pertinent que celui des licences perpétuelles. Il est en effet incontournable, car il suit la logique actuelle de mondialisation et de réduction des coûts. Il se rapproche aussi, je crois, de la logique de virtualisation qui consiste à supprimer les ressources inutiles, comme les machines qui exploitent 10 % de leurs capacités.
Une migration inexorable
Je pense que l’avenir verra la montée en puissance - au détriment des softwares traditionnels - de ces modèles et de ceux en Open Source. Il existe beaucoup de complémentarités entre eux : les logiciels libres sont très utilisés par les plateformes SaaS. Les entreprises utilisatrices des SaaS utiliseront un socle libre pour leurs infrastructures réseaux, difficiles à externaliser, ainsi que pour leurs postes de travail qui accéderont en ligne à des applications à valeur ajoutée. A noter : les entreprises hésitent dans un premier temps à utiliser les SaaS, pour des raisons de confidentialité. Mais dès qu’elles sont rassurées par les garanties offertes, elles passent le pas pour réduire leurs coûts et se débarrasser des contraintes d’exploitation. La meilleure preuve, c'est que tous les grands éditeurs sont en train de se lancer sur ce nouveau modèle. Et la tentative de rachat de Yahoo par Microsoft montre que l’inventeur des licences perpétuelles a compris le sens de l’Histoire.