Je ne sais pas ce que l'atelier numérique apporte à ses auditeurs, mais je sais ce que cette émission m'apporte. Du plaisir à interviewer, et de la confusion après lesdits entretiens. Prenez notre module consacré à l'oubli numérique avec Emmanuel Hoog (Ina) ou encore celui centré sur les média sociaux investis par la politique avec Fabrice Epelboin (ReadWriteWeb) et Damien Van Achter (RTBF).

J'ai du mal à me mettre dans leurs combats. Le premier parce qu'il fait mine de croire a la gentillesse naturelle de l'état, et que la dissémination des données dans des espaces commerciaux ou communautaires lui apparaît comme un danger.

Bizarrement je préfère affronter mon identité numérique que les RG ou des bases mises en place sans mon consentement par le pouvoir policier/judiciaire "pour mon bien".

On sait ce que le bien et le fichage veulent dire depuis que Vichy est passé par là (si si Emmanuel Hoog, beaucoup en France s'en rappellent et si si, Vichy était bien l'état français, même si ça ne nous rassure pas sur nous).

Pour les deux autres compères, je dois bien avouer avoir du mal à me mettre dans les batailles loppsiennes ou hadopiennes. Parce que j'ai du mal à croire en la totale malfaisance publique. Et que je sais que l'humain trouve toujours un moyen de contourner les obstacles qu'on lui met devant le clavier.

Tout cela, c'est contradictoire. La preuve lors de mon embarquement à Roissy (#boarding CDG) pour aller voir les équipes US de L'Atelier. Je suis passé devant une affichette promouvant "Parafes", une initiative destinée à accélérer le passage aux frontières françaises. Une fois enregistré, vous n'avez plus qu'à entrer dans un sas avec votre passeport biométrique et à en sortir avec votre doigt identifié par un lecteur lui aussi biométrique.

Rien ne m'obligeait à m'inscrire dans ce programme, faire scanner mes huit doigts (mes pouces n'intéressaient personne), discuter avec le policier pour me faire assurer que mes données n'étaient pas transmises à un pays tiers.

Bizarrement, le fonctionnaire était désabusé - "on a perdu nos libertés individuelles depuis longtemps", et a volontairement choisi de ne pas inscrire mon adresse personnelle. Moi je m'en fichais. C'est le cas de le dire. Tout ça pour le plaisir curieux ou la curiosité plaisante de pouvoir tester un sas pseudo futuriste. Mais c'est moi, ça.

"Y a une route, tu la prends qu'est ce que ça coûte. Y a une route. Y a même un chien qui courre la tête entre les mains." (*)

Alors désolé, @manhack, @epelboin, @davanac. Désolé aussi, Célia Boyer, chère excellente interlocutrice sur le sujet partage des donnes médicales, mais voir le bonheur dans la science et l'innovation dépassera toujours ma méfiance.

Ce qui ne m'empêchera pas de vous réinviter pour comprendre à quel point j'ai tort. Comme un papillon qui va regarder le tas de congénères qui jonche le sol avant de se précipiter sur la première ampoule a l'ancienne qui traîne.
(*) Gérard Manset

Rédigé par Renaud Edouard-Baraud
Directeur général de L'Atelier BNP Paribas Asia