Le Cloud Computing génère de grandes attentes dans les équipes métiers. Les acteurs du marché se le sont approprié, l'ont intégré parfois au forceps à leur marketing. Ainsi le sujet risque de se galvauder. Explication.

Il existe une définition aujourd’hui consensuelle du Cloud Computing. Elle a été écrite noir sur blanc par le  NIST (National Institut of Standards & Technologies) aux USA. Selon elle, un Cloud doit respecter plusieurs propriétés. La première est de donner la possibilité à l’entreprise utilisatrice de disposer de ressources en quelques minutes, en Self Service. La deuxième est de permettre la mesure de la consommation et le paiement à l’usage. La troisième est de fournir de l’élasticité, c’est à dire la liberté d’accroître ou de décroître les ressources (en donnant l’illusion d’une capacité infinie). Il faut aussi que l'information soit facilement accessible depuis n’importe où via le Web, en faisant abstraction sur la localisation géographique. La dernière est d'utiliser le partage de ressources entre entreprises utilisatrices pour tirer parti des possibilités d’automatisation, de mise à jour centralisée, d’effet d’échelle que permet la mutualisation.

Les fournisseurs et le Cloud

Passons en revue rapidement quelques offres Cloud : Google Apps (SaaS) et App Egine (PaaS) respectent bien cette définition du Cloud. Idem pour Salesforce CRM (SaaS) et force.com (PaaS), ainsi que pour Amazon Web Service (IaaS) ou OVH MiniCloud (IaaS). Et il y en a d'autres. Par contre, Microsoft Office 365 (SaaS) et Azure (PaaS) ne respectent pas à la lettre le principe de mutualisation des ressources car des machines virtuelles sont créées pour chaque client. Dans la même veine, Orange Flexible Computing (IaaS) ne permet pas la souscription en self service. Idem pour SFR SI à la demande (IaaS), et ClaraCloud (IaaS). Notons par ailleurs que VMware propose une offre très complète permettant la construction d’un Cloud Privé respectant notre définition.

Virtualisation ?

Par contre, si l’entreprise utilisatrice ne met pas en place le self service et le paiement à l’usage, elle mène selon moi un projet de virtualisation et non un projet de Cloud. Mon propos n’est pas de juger les offres qui ne respectent pas la définition. Elles ont aussi leur pertinence. Mais il me paraît essentiel de respecter les critères qui fond d’un Cloud un Cloud : dans le cas contraire, les promesses tacites ne seront pas tenues, on générera forcément une déception chez les utilisateurs. Et le Cloud ira rejoindre les Portail, SOA, EAI dans le cimetière des buzzwords galvaudés. J’ai la conviction que le Cloud est une mutation importante de l’informatique si on en respecte les gènes. Ne faisons pas du demi-Cloud !