Et si pour combattre la dépression, il suffisait de rester chez soi et de parler à son ordinateur ?

Melancholia

C'est le concept prôné par l'entreprise norvégienne Changetech, spécialisée dans la création de programmes de thérapies numériques. Si vous voulez arrêter de fumer, perdre du poids, être un bon parent ou tout simplement éviter de vous pelotonner dans votre solitude, vous avez le choix des armes et une bardée de logiciels conçus en flash vous attendent avec impatience. Réponses préenregistrées issues d'études psychologiques et psychiatriques extrêmement sérieuses, suivi évolutif sur des dizaines de jours et surtout coûts réduits par rapport à une séance, à peine remboursé par la sécu.

Le site se targue d'avoir déjà plus de 1,5 millions de clients dans le monde et même de délivrer ses solutions sur smartphones. Comme ça, vous pourrez emporter votre mini-Freud partout avec vous pour des cures d'autosuggestion dans le train, la rue ou dans les toilettes au travail. Les avantages seraient énormes : plus aucune honte à vous avouer comme étant alcoolique ou dépressif chronique puis seul votre écran sera là pour vous juger. Et puis bon, les divans des psychiatres sont devenus si peu confortables que ce serait dommage de se déplacer.

Personnellement, même s'il y a sans doute des grands principes théoriques digitalisés derrière ces programmes, on peut quand même se demander si la meilleure manière pour se sortir d'une situation compliquée, d'une maladie ou d'un burnout, c'est de rester cloitré chez soi, le nez devant son ordinateur, à parler pendant des jours à un bot... J'ai quelques doutes... 

Rédigé par Mathieu Paumard