Il y a des fois où je préfèrerais être vendeuse de tapis ou responsable d'équipe pour entreprise spécialisée dans le brisage de couple (voir à ce sujet les entretiens d'embauche fictifs réalisés par Bérénice Meinsohn) que journaliste.

En voyant le stand ZTE ce matin sur le salon AfricaCom, je me suis dit qu'il pourrait être intéressant de discuter avec l'un des responsables sur place de la stratégie de l'équipementier chinois en Afrique. Rien d'extraordinaire, ni d'ultra confidentiel, à première vue. Après être passée entre les mains des quinze personnes de la marque présentes sur le stand, j'ai rencontré le "brand manager", à qui j'ai confié ma requête. Requête qu'il a poliment écoutée avant de me dire que le "boss" n'était pas là, qu'il allait essayer de le trouver et de lui transmettre ma demande. Rendez-vous pris 50 minutes plus tard.

En journaliste bien élevée, j'étais 50 minutes pétantes plus tard de nouveau sur le stand. Mais pas mon "brand manager". Après avoir harcelé toute l'équipe, quelqu'un a fini par aller le chercher. Et de me dire qu'il a bien rencontré le responsable, mais que celui-ci était malheureusement trop occupé pour me répondre.
Et après le salon ? Que nenni, après AfricaCom, l'homme invisible s'envole pour "d'autres pays".
Ah, un petit frémissement de l'oeil droit quand je dis que L'Atelier a une cellule en Chine, et que nous suivons le marché de très près. Puis une petite tape sur le bras et la promesse de retourner voir le grand patron. Nouvel essai infructueux, non seulement le boss voyage mais en plus il est très occupé. Oui. Mais par contre ce qu'il peut faire, c'est m'envoyer de la documentation sur les produits lancés par ZTE en Afrique.
Et si je vous dis que L'Atelier a une émission sur BFM qui est la plus podcastée sur le web ? Que le mois dernier l'un de nos journalistes est parti à Lisbonne pour découvrir la gamme de smartphones low cost que vous allez lancer sur le marché européen ? Ah, c'est l'oeil gauche cette fois qui frémit. Pas suffisamment cependant. Mais ce qu'il peut faire (répétition voulue), c'est me donner le numéro de la cellule Europe de ZTE, qui se trouve en France. Ils pourront peut-être m'envoyer des informations.
Et sinon, le grand patron ? Il n'aurait pas trois minutes à m'accorder entre le sandwich et la pause pipi ? Non. Même par mail ? Non. Et vous, vous pouvez me répondre ? Non, je ne suis pas assez familier avec le marché (Ah et sinon, sur le salon, vous faîtes quoi, vous arrosez les fleurs ?). Mais ce que je peux faire, c'est vous envoyer des informations. Et je suis vraiment désolé de ne pouvoir vous répondre (re-tape sur l'épaule). Mmh, très bien, mais si jamais il a un instant de libre, vous m'appelez ? Oui, évidemment !

J'attends qu'on me rappelle, donc. Mais au vu de la tête du brand manager quand je l'ai croisé au détour d'un stand en fin d'après-midi, je pense que j'ai plus de chances d'aller nager avec les pingouins de Boulders Beach que d'avoir une réponse à ma question...

Rédigé par Mathilde Cristiani
Head of Media