50%

C'est le % d'oxygène

 produit dans l' océan

L'océan est primordial à la vie sur terre. Au moins 50% de notre oxygène est produit par les algues dans les océans quand la pêche et l'aquaculture assurent la subsistance de 10 à 12% de la population mondiale. 

Tout cela est menacé par la surpêche, la pollution par le plastique, l'augmentation du transport maritime mondial... Et d'autres problèmes qu'il devient urgent de résoudre.   

L’Atelier BNP Paribas a rencontré Liane Thompson, cofondatrice d'Aquaai, à San Diego. Sa jeune pousse a vocation à sauver les océans.

La CEO a partagé sa vision pour le futur des océans et a expliqué comment sa start-up cherchait à avoir un impact positif sur les fonds marins grâce à la technologie.

L'Atelier : Comment vous-êtes vous lancée dans le projet Aquaai ?

Regard d'expert

Liane Thompson

Cofondatrice et CEO d' Aquaai

« De vrais poissons ont adopté notre robot »

Liane Thompson : Je travaillais au New York Times quand j'ai rencontré Simeon en Israël. Je préparais des vidéos sur des inventeurs - comme peut l'être Q dans James Bond - c'était l'un d'entre eux. Aujourd'hui Simeon est aussi le cofondateur d'Aquaai et le cerveau derrière la conception de notre robot-poisson. Ce qui nous a inspiré ? Des questions de sa fille Emily, 8 ans, a propos de la sauvegarde des océans. En quelques mois, le robot-poisson était né!

On a lancé Aquaai en 2014. Au départ on a voulu être basés dans la baie de Monterey, près de San Francisco, en espérant pouvoir tirer parti de la présence de nombreux talents de la tech pour développer notre technologie. Puis on a finalement emménagé à San Diego où nous sommes désormais une équipe de 8 personnes : des passionnés de l'océan avec des formations et expériences diverses en océanographie, robotique et intelligence artificielle.

On est très heureux d'avoir pu prouver que la première phase de notre projet tient la route, puisque de vrais poissons ont adopté notre robot. On espère désormais que des humains l'adopteront aussi et travailleront avec nous.

Comment fonctionne votre robot-poisson ?

Notre poisson s'appelle Nammu, comme la déesse des mers. On l'a conçu en ayant Mère Nature en tête : on voulait s'assurer qu'en imitant les autres poissons, notre robot se fonderait dans leur habitat naturel. Nammu est équipé de caméras et de capteurs dans une configuration « plug and play » qui varie en fonction de la mission.

Le robot est alimenté par des batteries électriques et est contrôlable à distance. Il y a trois différents modes : autonome, programmé (par exemple pour une tâche spécifique comme une inspection de filets), ou manuel. Nammu est constamment connecté à une bouée flottante qui peut transmettre les données collectées à notre plateforme.

Nammu,  le robot-poisson d'Aquaai

Aquaai

Quels types de missions sont menées par Nammu dans l'océan ?

On concentre d'abord nos efforts sur l'industrie de l'aquaculture (NDLR : activités de production animale ou végétale en milieu aquatique). Notre poisson peut être utilisé pour diverses missions comme l'inspection des filets mais aussi la distribution de nourriture ou encore la supervision d'un traitement médical.

La ferme Kvarøy Fish en Norvège - fournisseur de saumon pour la chaîne de supermarchés américaine Whole Foods - est actuellement en train de tester Nammu. Les premiers résultats sont très satisfaisants, nous avons été impressionnés par la vitesse à laquelle les saumons ont accepté notre robot !

Nous travaillons également avec plusieurs ONG pour réfléchir à la manière de contribuer à une meilleure compréhension des effets du réchauffement climatique sur les océans. Malheureusement, il faut s'attendre à plus de tempêtes et d'inondations, et nous pensons que notre robot pourrait aussi être déployé dans des eaux contaminés pour aider à prévenir les maladies.

Nous sommes aussi convaincus que notre robot-poisson pourrait aider à lutter contre la pêche illégale. Des organisations comme Sea Shepherd utilisent aujourd'hui des drones volants pour détecter des activités de pêche illicites mais il faudra bientôt recueillir des preuves pour pouvoir poursuivre en justice les responsables. Et c'est là que nous pourrions avoir un rôle à jouer puisque Nammu a le pouvoir de voir ce qu'il se passe réellement sous l'océan. 

Êtes-vous les pionniers du modèle « fish-as-a-service » ?

Nous sommes la première entreprise à utiliser le terme « fish-as-a-service ». Comme pour d'autres modèles « en-tant-que-service », on laisse nos clients louer le poisson, ils n'ont pas besoin d'acheter Nammu. La données collectée par notre robot est optimisée, analysée, et mis à la disposition de nos utilisateurs sur notre plateforme via un modèle d'abonnement mensuel.

Nammu in action
  • 2 min

Quelles sont vos ambitions ?

On s'imagine en acteur dominant du monde océanographique avec un système abordable et simple à utiliser. On voudrait aussi pouvoir faire en sorte que toute la donnée collectée sur l'océan soit partagée. La technologie Blockchain est une option intéressante à explorer en ce sens.
Rédigé par Benjamin Lesage
Analyst