Le marché mondial des nanotechnologies pèse à peine 115 millions d’euros. Quelles seront ces réelles opportunités ?

Le marché mondial des nanotechnologies pèse à peine 115 millions d’euros. C’est l’estimation donnée par le Nanotechnology Opportunity Report, une étude sur les opportunités mondiales en matière d’investissement dans les nanotechnologies, parue fin février. Menée sur les marchés européen, asiatique et américain, elle montre le fort potentiel du secteur, mais reste prudente sur ses développements rapides.Si beaucoup de grandes industries vont être concernées par cette révolution (l’automobile, l’énergie, la santé…), cette dernière ne devrait pas éclater avant cinq à dix ans dans le domaine de l’informatique. « Nous en sommes au point où nous avons beaucoup de nanoscience et très peu de nanotechnologies » déclarait récemment Stanley Williams, chercheur en nanotechnologies chez Hewlett-Packard, lors de la conférence Nanotech Planet 2001 qui a eu lieu à Boston, en novembre dernier.Les seules applications déjà commercialisables, ou en phase de l’être, touchent les nanomatériaux : la start-up Exatec (joint venture des groupes Bayer et General Electric) développe par exemple une offre de nano-revêtements pour l’industrie automobile. Compte tenu du ralentissement mondial et de la suspicion croissante sur le potentiel réel de la net économie, les autorités politiques ont tout intérêt à tenter de réanimer le climat économique en pariant sur de nouvelles potentialités de croissance. Le gouvernement américain a ainsi débloqué 422 millions de dollars l’année passée pour sa National Nanotechnology Initiative (NNI) alors que la Commission a soumis au Parlement européen un programme de R&D incluant 1,3 milliard d’euros pour les nanotechnologies. Côté Venture Capitalist, les investissements démarrent aussi puisque 95 investissements ont été réalisés dans le monde, dont 42 aux Etats-Unis, 22 en Europe et 12 en France, selon le Nanotechnology Opportunity Report. Quel sera le retour sur investissement de ces engagements ? La réponse est délicate à donner car elle doit s’appuyer sur des promesses de transformation économique qui ne sont pas prévues avant 10 ou 15 ans. En guise d’aimable rappel, Stanley Williams soulignait dans son discours que « la rencontre de l’ignorance et de l’avidité est une recette pour les catastrophes ». Un avertissement sans frais pour des investisseurs opportunistes et mal informés. Jean de Chambure, Directeur Médias