Seul un retour au collectif - qui responsabilise les utilisateurs - permet de réaliser d'importantes économies au niveau du système d'information. Un beau programme pour 2011 !

A mesure que les sources d’énergie non renouvelable s’épuisent, le prix de l’électricité augmente. Inéluctable, cette hausse est assortie d’une double peine : la généralisation des taxes carbone partout dans le monde grève d’autant la rentabilité d’un procédé énergivore. Au point que les Nations comparent aujourd’hui leur intensité énergétique. On sait que, comparé aux Etats-Unis, le Danemark utilise deux fois moins d’énergie pour générer un dollar de PIB. En France, bien que la Contribution Climat Energie (taxe carbone) ait été repoussée, avec l’adoption de la loi Nome*, le prix du kWh électrique pourrait augmenter de 28% d’ici 2015 (UFC-Que Choisir). Les directions informatiques vont donc devoir faire des économies d’énergie pour aider leur entreprise à rester compétitive. La consommation électrique du système d’information représente en effet de 20 % à 50 % de la facture électrique totale des entreprises du tertiaire, majoritaires dans l’Hexagone.

Re-mutualiser

On parle de négawatts pour désigner les kWh que l'on ne consomme pas. Ce concept est la piste la plus intéressante pour une DSI. Mais peu la mettent en œuvre car elles confondent l'efficience énergétique du matériel et celle du système d'information. Les DSI se heurtent aussi à l’individualisme des utilisateurs. Pour générer une grande quantité de négawatts, il faut surtout re-mutualiser les moyens informatiques. Soit virtualiser les postes de travail. Le processeur et le disque dur d’un ordinateur de bureau ne sont sollicités, au mieux, que 20 % du temps où il est allumé. En le virtualisant, on peut en théorie, faire fonctionner cinq ordinateurs avec les ressources d’un seul. Malheureusement, l’utilisateur, "enfant roi" du système d’information, n’aime pas partager "son" ordinateur avec ses collègues. Essentiellement parce qu’il ne leur fait pas confiance et parce qu’il mélange souvent utilisation personnelle et professionnelle. La virtualisation du poste de travail est donc souvent vécue comme une privation de liberté.

Replacer l'humain au centre

Ce retour au collectif est pourtant accepté, bon gré, mal gré, au niveau des impressions. La consolidation des imprimantes individuelles sur des multifonctions départementales entraîne une baisse de la consommation de papier quasi mécanique de 30 % car les utilisateurs se responsabilisent. Sous la pression du regard de leurs collègues et parce qu’ils doivent faire un effort (se lever pour récupérer les impressions), les utilisateurs n’impriment plus n’importe quoi, n’importe comment. L’efficience de l’imprimante n’y est pour rien, c’est le changement de comportement, qui génère les plus grosses économies. En 2011, pour faire des économies au niveau des postes de travail, les DSI devront donc enfiler leur costume de manager et sortir les utilisateurs de leur individualisme. Comme ils l’on déjà fait pour les impressions. Un beau programme pour commencer l’année ! Et qui a le mérite de replacer l’humain au centre de la démarche Green IT.

*Nouvelle Organisation du Marché de l'Electricité