Le sens de cette expression est aujourd'hui confus pour beaucoup. Retour sur la genèse de ce service d'applications en location et ses principales propriétés.

Guillaume Plouin est responsable de l'offre Cloud Computing chez OCTO Technology.
La genèse du cloud computing est la suivante : trois grands acteurs du web (Google, Amazon et Salesforce) font le même constat. Ils ont développé un "nuage informatique" de très grande envergure pour faire tourner leurs applications, et leurs datacenters disposent de ressources inutilisées. Chacun, à sa manière, va proposer à d'autres entreprises de faire tourner leurs applications sur leur "nuage informatique". Les plates-formes de cloud computing permettent du coup aux entreprises de bénéficier d'"applications en location" : les SaaS qui s'exécutent sur le loud. Elles sont destinées aux clients finaux qui paient un abonnement mensuel en fonction du nombre d'utilisateurs. Mais aussi de profiter d'un "run à la consommation" (sur les PaaS, IaaS, HaaS, etc.)  : celui-ci est destiné à la DSI et aux éditeurs qui disposent de ressources techniques en fonction de leurs besoins.
En quoi l'architecture du cloud est-elle différente de celle de nos SI?
Dans nos systèmes d'information, on trouve aujourd'hui des technologies de virtualisation qui consolident les datacenters. La virtualisation permet de bénéficier des trois propriétés suivantes : d'abord le partage des ressources. Deuxième propriété, l'abstraction sur la localisation : l'application est "quelque part" sur l'une des machines constitutives de la plateforme de virtualisation. Troisième : l'élasticité. Il est possible d'allouer des ressources supplémentaires à une application proche de la saturation, dans les limites physiques de la plateforme. Le Cloud Computing reprend ces trois propriétés et en ajoute deux : le "pay as you go". La DSI paie les ressources qu'elle utilise (processeur, stockage, réseau) en fonction de leur consommation réelle. Peu de DSI savent aujourd'hui mesurer précisément la consommation informatique de telle ou telle application. Les acteurs du cloud savent le faire. Et le "self service" : l'équipe de développement peut demander l'allocation de ressources d'exécution via une interface web. Ces ressources seront disponibles 10mn plus tard.
Le cloud computing est il seulement de la technique ?
Ces propriétés sont rendues possibles par des architectures nouvelles, contraignantes pour les architectes d'entreprise. Les acteurs du Cloud partagent un peu plus que de la technique. Ils ont aussi une culture spécifique et différente de celle de nos DSI. On peut en partie qualifier celle-ci de "you buid it you run it" : l'idée est que les mêmes équipes développent, déploient et maintiennent les applications. C'est la fin possible de la frontière entre Build & Run (direction des études, direction de la production). Le cloud outille cette démarche. L'autre idée, c'est le pari de l'ouverture : les acteurs proposent des API ouvertes permettant à d'autres d'innover en les exploitant. Cette démarche permet la constitution d'un écosystème fécond. Ainsi, aller vers le cloud computing, c'est aborder de nouvelles architectures mais aussi changer son organisation pour adopter la culture du cloud.