Les hyper-connectés arrivent. Chouette ? Pas vraiment, car cela présuppose l'existence d'hypo-connectés. L'Atelier se fait l'écho des études qui, en pullulant, dessinent, le visage des oubliés de la révolution numérique.

A l'heure où Martin Hirsch fixe des indicateurs pour mesurer la pauvreté, de nombreuses études  brossent un visage - composite - du fanatique des nouvelles technologies et de son double totalement déconnecté. Jeunes, cultivés, féminins, citadins; tel serait le portrait des actifs dans le domaine des technologies de l'information. A ces adjectifs on pourrait ajouter blanc, si l'on se réfère au rapport de l'Alliance for Digital Equality. Et où sont les seniors ?
Senior, noir, masculin, rural
Moins de 10 % de la population européenne est constituée de seniors travaillant dans le domaine des nouvelles technologies... Les hyper connectés représenteraient environ un cinquième de la population. Ces accros de la communication sont définis comme utilisant au moins sept appareils quotidiennement, dans les cadres à la fois professionnels et personnels. Et ils font aussi usage d'au minimum neuf applications, dont la messagerie instantanée ou les web conférences ! Dans le même temps, des études nous montrent qu'un ménage américain sur cinq n'a jamais utilisé d'email, ni en envoi, ni en réception, ni même en lecture.
Un cinquième des ménages US est déconnecté
Ce sont près de 20 % des ménages américains qui sont absents du réseau des réseaux. Plus inquiétant encore, ce tiers des foyers n'a jamais utilisé d'ordinateur pour créer un document. Alors, on peut se rassurer en se rappelant que l'homme a finalement très bien réussi à se passer de tout ce barnum électrique depuis des siècles et des siècles, que Molière n'a pas attendu le numérique pour écrire des chefs d'œuvre. Certes. Mais cette fracture, selon de nombreux observateurs est une menace. Et il n'est déjà plus possible de revenir en arrière. A moins d'attendre une catastrophe qui nous ramènera à la terre, à l'instar de ce que Barjavel a décrit dans "Ravage". En attendant, il faut soutenir les initiatives qui aident à combler ce fossé. Telle celle distinguée par le Berkman Center.