La commande à distance des appareils électroniques dans la maison est dépassée. Il s'agit désormais de faire parler tous les objets domestiques, de les localiser. Le tout, en les contrôlant depuis un simple écran.

La domotique a vécu, tant mieux. Il devenait difficile de s'ébaudir devant des chauffe-eau qui s'enclenchent à distance ou des lampes dont l'intensité lumineuse peut être modifiée depuis son ordinateur. Il était temps de passer à la maison communicante dotée d'un minimum d'intelligence. Pour cela, les ingénieurs ont d'abord dû déterminer là où devait se trouver le "cerveau" : PC, console, télévision, HAL ? Non, pour les ingénieurs du Fraunhofer présents au Cebit, ce sera l'écran. Non pas un simple écran LCD, Oled ou Plasma, mais un écran qui fait office de calculateur, d'espace de stockage et de pilote. Cette mise en avant de l'écran risque de faire bondir rafi Haladjian, qui passe son temps à réinventer la communication visuelle. Quoi qu'il en soit, les appareils communicants n'ont plus qu'à se déclarer auprès du cerveau.
Middleware grand public
Si les industriels n'arrivent pas à leur faire parler le même langage, pas de panique. France Télécom et ses partenaires mitonnent une sorte de système de traduction (qu'on appelle middleware lorsqu'il s'agit des systèmes d'information en entreprise). Vous trouvez qu'il est bien triste de ne faire parler que les tuyaux à contenus numériques ? Séchez vos larmes. Avec la RFID, Zigbee et Modu, vous devriez trouver chaussure parlante à votre pied. La RFID - puce et lecteur - est en effet à même de vous localiser à courte distance. Quant à Zigbee, il devrait permettre de faire communiquer tous les objets avec Internet. Je vais finir avec Modu – mais cela aurait pu tout aussi bien être Morph, présenté lors du Mobile World Congress 2008.
Contextualisation géocodée
Ce système modulaire pourrait lancer un grand mouvement d'insertion des technologies de téléphonie mobile dans les objets du quotidien. Et je ne parle pas seulement des cadres photos numériques. Mais des sacs, des consoles portables, des voitures, des scooters, etc. Avec tout cela, on peut imaginer localiser ses proches sur des cartes Internet commerciales comme Google Maps ou home made comme OpenStreetMap. Sans oublier de faire suivre la musique, la vidéo ou la radio en fonction des pièces où l'on se trouve. On peut également imaginer des images numériques stockées sur le disque dur du "cerveau" qu'on pourrait contextualiser via du géocodage. Vraiment, il fallait être sot pour oser se demander si 2008 n'allait être qu'une année de digestion...

Renaud Edouard-Baraud, responsable éditorial de L'Atelier
L'Atelier BNP Paribas