Ode au bavardage intempestif

“Tu m’as vidé de mon énergie”. Les grands bavards ont certainement déjà entendu cette phrase moultes fois. De la bouche de leurs malheureuses victimes, quand le frappé d’incontinence verbale a décidé de déverser son flux de paroles.
La où le malheureux se sentira, dit-on, fatigué, vampirisé. Enfin, dit-on. Je suis, - ô quelle surprise, du côté des vilains bourreaux, frappés de la malédiction du grand bavardage.

Et si… et si cette malédiction devenait une bénédiction ?
Les Coréens sont de ces héros qui ont décidé de sauver la caste des grands bavards. Non pas en leur permettant de moins parler, mais en les rendant utiles. Rien que ça !
Tout “simplement” en transformant le son en énergie.

Comment ? Grâce à des matériaux piezo-électriques, tels que la canne à sucre, le quartz ou ici, l’oxyde de zinc. Littéralement, ce sont des éléments qui reconvertissent par pression les informations reçues, le bruit, en l’occurrence, en énergie.

Le chercheur coréen, Young Jun Park, de l’Institut de technologie de Samsung, explique que cette conversion pourrait avoir diverses applications, comme par exemple la recharge de téléphone. On pourrait aussi imaginer équiper les murs entourant les autoroutes, comme capteurs du brouhaha si commun aux voies.

Pour engranger de l’énergie, un niveau d’au minimum 100 décibels serait nécessaire. Une conversation téléphonique atteindrait les 60-70 décibels. Un projet perfectible, donc.

J’ai une idée et si on baptisait ce système, le générateur de “bla-bla-watt”.

Directement inspiré par les paroles de la chanson “Bla bla” de Katerine, “Bla bla bla…tu parles. T’es mort, tu parles plus”.
Là, ça donnerait “et bla bla bla,… tu parles. Tu charges. T’es mort, tu charges plus”.

Rédigé par Lila Meghraoua
Journaliste/Productrice radio