La reconnaissance faciale de plus en plus efficace. Serons nous traqués par des paparazzis d'un nouveau genre ?

Les nouveaux paparazzis du quotidien

 

Zut et flûte, on ne pourra plus mettre de chemises trop colorées ou se photographier dans des endroits sombres pour réussir à tromper le savoir-faire des logiciels de reconnaissance faciale, de plus en plus présents dans notre univers social et numérique. Grâce au logiciel de ces chercheurs russes dont je viens de publier le papier, il ne faudra en effet plus avoir de photos de qualité pour être reconnus sur une photo. En clair, des clichés issus de mauvais téléphones, de caméras de vidéo surveillance basse résolution, pourront désormais aussi servir de base à l’identification d’une personne, qui, pour peu qu’elle ait mis sa photo sur son profil Facebook ou autre réseau social, sera fichée dans une base de données mondiale, au grand dam des organismes de protection des données privées.

Que l’on soit bien clairs : je suis pour le progrès, et j’admire chaque jour le travail des chercheurs du monde entier qui se donnent pour mission d’améliorer notre quotidien numérique ou notre sécurité. Un exemple tout frais nous démontre de l’utilité d’un tel logiciel : la police anglaise lors des émeutes de Londres de cette semaine n’a pas lésiné sur les moyens modernes pour identifier les pillards, en utilisant la puissance des réseaux sociaux et des logiciels de reconnaissance faciale. Et plus ces derniers seront performants, moins d’erreurs risquent d’être commises. 

Mais le paradoxe de l’innovation, vient, encore une fois, de me frapper en pleine poire. On imagine très bien le revers de la médaille, surtout en absence de limites légales au procédé. Désormais, il ne faudra pas se trouver au mauvais endroit, au mauvais moment, sous peine d’être taggés, grâce à ces logiciels qui nous auront vraiment très bien reconnus, lors d'événements qui se seront déroulés sous nos yeux et pour lesquels nous n’aurons aucun lien. Il ne faudra pas non plus se trouver au bon endroit au bon moment, mais en voulant garder toute discrétion. Les logiciels fonctionneront si bien, qu’on ne pourra pas dire : «c’était pas moi, c’était mon double !»

Avec tous ces progrès, il ne va donc pas falloir perdre la face...et apprendre à gérer ces nouveaux paparazzis du quotidien, friands de nos moindres gestes sur la toile sociale.