Comment viraliser quand on ne peut pas accéder aux viralisateurs ? C'est une des questions que doivent se poser les start-up françaises qui veulent aller à l'est.

Partager sur les réseaux sociaux, c’est bien, surtout quand on peut

C’est un exercice facile, donc désolé par avance. En mangeant un xiaolongbao, je regardais d’un œil discret les communiqués de presse qui tombaient sur ma BAL. Et là je lis : « Doodoo lève 400 000 euros et devient : Uplike ». Premier réflexe de parent, je me dis que lever autant d’argent pour un site de vente de peluches pour nourrissons, c’est fort. Puis je me dis que le nouveau nom est étonnant. Puis, je comprends qu’il ne vend pas des doudous mais que c’est un système de partage de favoris. Et je me dis en vieux machin de l’internet que ce type de système existe depuis longtemps. Et là je regarde ce qu’ils veulent faire de cet argent.

« Uplike va orienter sa stratégie et sa croissance internationale vers un développement de ses activités sur des marchés à fort potentiel comme la Russie, l'Inde et la Chine ». Puis plus loin : « réseaux sociaux comme Twitter, Facebook, Google+ et Linkedin ». Dans ce qui me reste de cerveau, je m’entends marmonner OK pour l’Inde et l’Asie Pacifique, mais en Chine, twitter et facebook ne sont accessibles que via un VPN, et l’accès aux services google, c’est très fluctuant. Et pour ce qui est de l’accès aux interfaces de programmation (API, soit le moyen d'actionner un service web depuis un autre service web) des réseaux sociaux…

Sina Weibo n’est pas d’une stabilité à toute épreuve. Quant à la Russie, qui est pour moi le frère numérique de la Chine, on accède à tout, certes, mais les internautes sont en partie ailleurs. Sur vkontakte.ru pour les réseaux sociaux, sur Yandex pour le moteur de recherche. Certes Twitter, lui, passe le test slave. Donc je me dis que la partie va être rude, même si aidé par « LCP, un opérateur tchèque leader dans le micro paiement sur les marchés émergents ». Un beau challenge, donc. Emmanuel (Françoise), quand vous passerez sur Shanghai, faîtes-moi signe !

Rédigé par Renaud Edouard-Baraud
Directeur général de L'Atelier BNP Paribas Asia