Les entreprises françaises sont encore très diversement préparées au passage à l'an 2000. Président sortant de l'Assemblée plénière des sociétés d'assurance-dommages (Apsad), Pierre Florin explique ...

Les entreprises françaises sont encore très diversement préparées au passage à l'an 2000. Président sortant de l'Assemblée plénière des sociétés d'assurance-dommages (Apsad), Pierre Florin explique "les grands groupes ont tous pris globalement le problème à bras-le-corps depuis parfois plus de trois ans. Toutefois, certains reconnaissent s'y être pris trop tard ou en utilisant une mauvaise technique". Certaines branches de la distribution, les administrations et les établissements hospitaliers figurent notamment parmi les secteurs les plus en retard. Le situation est beaucoup plus contrastée pour les PME. Selon un sondage Ifop-FFSA, réalisée début janvier auprès de 701 chefs d'entreprise de 10 à 250 salariés "16 % des chefs d'entreprise ne sont pas encore sensibilisés". En outre, 250 000 PME, (soit une PME sur quatre) estiment que les conséquences du bogue de l'an 2000 pourraient mettre en danger la vie de leur entreprise au bout de trois jours seulement (19 % immédiatement). En revanche, les trois autres quarts des patrons assurent qu'ils ne seront pas affectés par les conséquences du passage. Jean-Marc Lamère, délégué général de l'Apsad souligne que "cet optimisme repose en partie sur une confiance inconsidérée vis-à-vis de leurs fournisseurs malgré l'évidente réticence de ces derniers à répondre aux questionnaires sur l'an 2000". 27 % des PME n'ont toujours pas commencé à se préparer. Parmi elles, on trouve une plus forte proportion d'entreprises de petite taille (de 10 à 19 salariés) essentiellement dans les secteurs de l'agriculture, du BTP et du commerce.

Pierre Florin déclare "nous nous attendons à un taux de déclarations frauduleuses important, entre 15 et 20 %". Les assureurs s'attendent à plusieurs dizaines de milliers de réclamations supplémentaires. Pierre Florin prévient que pour les indemnisations "la jurisprudence en la matière sera tout à fait exceptionnelle. Dans la mesure où la date et le phénomène sont certains, tout dépendra du degré de prévention et d'implication de l'assuré et des conséquences du risque résiduel". (Les Echos - Le Parisien - Libération - Le Monde - deux pages La Tribune - 28/01/1999)