Oui, cela commence avec une citation d'un vieux dessin animé mal dessiné et mal animé, mais enfin, qui n'a pas rêvé de se transformer en super héros ringard en brandissant un objet phallique ? C'est un peu ce qui arrive aux informations. Quand j'étais élève journaliste à l'amiantée université Paris VII, des professeurs nous avaient professé leur amour du style Capital, qui avait réinventé l'article en le sortant de son carcan littéraire classique. Oui aux puces, oui aux classements, oui aux chiffres plus qu'aux lettres. Plus tard, en ayant la chance de suivre des conférences aux Etats-Unis, je m'étais amusé de l'appétence des orateurs pour le chiffre. Toute notre vie personnelle, notre vie professionnelle pouvait via leur baguette magique numérotée devenir une suite d'actions en nombres finis qui allaient nous transformer en super daddy, super manager, super entrepreneur. Je n'avais pas pensé qu'avec Twitter, cette énumération fonctionnelle allait se répandre. Tous les jours où du milieu de la montagne je regarde ma timeline et je regarde les nouvelles du monde high-tech à défaut d'être libre, je vois mon réseau d'expert, de consultants, de journalistes et d'étudiant enquiller les titres qui claquent, retweeter la numérologie informationnelle.
1 – « 10 ways to stretch your marketing budget », merci @charlesyeo
2 - RT @alerti: « 12 Amazing SEO infographics », merci @bizcom
2 – « web multimedia: 6 reasons why flash isn't going away », merci encore une fois à @charlesyeo
4 - « 14 manières d'étudier un marchéant de vendre un produit », merci @DuboissetB, @Bdveilleinfo, @Keegfr, @conseilmkg et @camj59
Je pourrais continuer mais j'ai peur qu'en arrivant au chiffre 5, mon traitement de texte lance un tweet automatique « 5 tweets with numbers », et je ne veux pas l'imposer à ma timeline. D'autant que cet alignement vertical précédé d'un nombre entier me rappelle mes tentatives de programmation en Basic avec le TO7-70 familial, codages immanquablement ratés du fait d'une incapacité à comprendre la programmation et même à recopier correctement des programmes alors imprimés sur papier.
Tout ça pour dire quoi ? Qu'à la manière de "La Disparition", j'aimerais beaucoup voir l'information numérique ne plus s'organiser en ligne de codes.

Rédigé par Renaud Edouard-Baraud
Directeur général de L'Atelier BNP Paribas Asia