L'Estonie est un petit pays à la pointe des nouvelles technologies. Sortie du carcan soviétique depuis 1991, la nation compte 45 % d'internautes (plus que la France). Sur le haut débit, son taux...

L'Estonie est un petit pays à la pointe des nouvelles technologies. Sortie du carcan soviétique depuis 1991, la nation compte 45 % d'internautes (plus que la France). Sur le haut débit, son taux de pénétration est plus fort que celui de pays proches de nous comme l'Italie, la Grande-Bretagne ou les Pays-Bas. Les Estoniens sont habitués à payer leur parcmètre ou leur ticket de loto par SMS, à acheter des biens ou des services sur Internet, etc.

Il faut dire que l'action des gouvernements successifs a été particulièrement bien orientée. L'accès à Internet est un droit constitutionnel, dont le respect a été favorisé grâce au programme « Bond du tigre » destiné à équiper toutes les écoles du pays en accès Internet. Aujourd'hui, l'administration est déjà bien imprégnée des usages d'Internet ; à titre d'exemple, les Estoniens peuvent déjà déclarer leurs impôts en ligne.

Pour autant, les pouvoirs politiques ne sont pas prêts à faire tout et n'importe quoi pour faire avancer l'usage des nouvelles technologies. C'est ainsi que le président du pays Arnold Ruutel a opposé mercredi son veto au vote électronique, arguant que celui-ci n'était pas encore assez sécurisé. Un porte-parole du pouvoir a déclaré : "Le président n'a pas approuvé la nouvelle loi sur le vote électronique car il juge important de tenir un débat plus approfondi sur l'uniformité du scrutin et sur l'identification des citoyens".

Celle-ci doit se faire grâce à la carte d'identité électronique détenu par les Estoniens (60 % en détiennent une) et via un lecteur approprié directement connecté à son ordinateur. Le Président a notamment attiré l'attention sur le fait qu'un électeur optant pour la voie électronique pouvait changer son vote, tandis que le citoyen choisissant la voie classique de l'isoloir ne pouvait faire qu'un seul choix.

(Atelier groupe BNP Paribas - 25/05/2005)