S'il suffit d'un rien pour se laisser envahir par la morosité face aux turbulences économiques, les derniers mois ont aussi été parmi les plus riches en termes de créativité. Un nombre incalculable d'applications ont vu le jour, qui répondent à presque tous les besoins.

Le 10 juillet 2008, Apple ouvrait son App Store sur sa plateforme iTunes, associant ainsi une boutique d’applications à son tout récent iPhone. Aujourd’hui, l’App Store propose plus de 500 000 applications en téléchargement, soit plus de 415 nouvelles chaque jour. Le phénomène n’est pas unique : Android dispose de plus de 300 000 applications. "Il y a une application pour ça" est la réponse qui revient de façon récurrente, quelle que soit la question. En quelques clics, il est possible d’apprendre à cuisiner, de procéder à l'enregistrement sur le prochain vol, de localiser sa voiture, de distraire ses enfants, de consulter la dernière édition des journaux, d'organiser une réunion, de suivre ses progrès au jogging, de tourner une vidéo, d’améliorer son swing au golf, de faire ses comptes, ou simplement, d’exaspérer ses amis. Une transformation du même ordre, notable à l’échelle de l’entreprise, incite les DSI à adopter une nouvelle approche dans la création d’applications.

Des modules plus souples

L’ère des applications monolithiques s'accompagnant de longs cycles de développement et d'implantation cède la place à des activités plus souples et modulables, accessibles via le cloud. Les DSI continueront à développer des outils propriétaires synonymes d’avantages compétitifs pour leur entreprise mais ils devront en parallèle mettre en place une plateforme d’applications d’entreprise afin d’accéder à une offre croissante d’applications et de programmes proposés par une population beaucoup plus étoffée de développeurs. Ils pourront alors envisager de se doter d’un rôle plus stratégique et devenir de véritables chefs d’orchestre, structurant les segments des programmes dignes d’intérêt, en interne ou via des plateformes d'applications, et les mettant à profit pour accélérer l’innovation et l’implémentation.

Libérer les données

Bien évidemment, ce tournant s’accompagne de nouveaux enjeux. Pour véritablement tirer parti de ce nouveau mode de fonctionnement, il conviendra de découpler l’architecture informatique de l’entreprise et de libérer les données afin de naviguer plus facilement entre les applications et le cloud. En effet, l’interopérabilité doit être autorisée dans des environnements d’applications souvent hétérogènes. Plus important, le modèle économique sera divisé en plusieurs éléments distincts, le contrôle des processus essentiels sera conservé, le reste sera banalisé. Autant de nouvelles approches qui engendreront d’immenses avantages. Les entreprises, à l’instar des consommateurs, pourront obtenir une application pour chacun de leur besoin. Les DSI auront l'esprit libre pour se consacrer aux services apportant un réel avantage compétitif à leur entreprise. Pour tout le reste… "Il y a une application pour ça".