Le journal Applied HRM Research (Recherche Appliquée de la GRH) s’est récemment intéressé à l’influence des détecteurs de mensonge en entretien d’embauche. Cela en parlant de l’université de San Francisco, qui a testé la théorie selon laquelle avertir un candidat que ses réponses seraient passées au crible suffit à optimiser l’honnêteté de ses réponses.
Les chercheurs ont donc appliqué cela sur 200 candidats au poste de conducteur de bus pour une entreprise de transport en commun. Les cents premiers ont été avertis qu’il serait possible de détecter dans leurs réponses leur véracité, et que cela influerait dans le résultat de leur embauche. L’autre moitié a passé l’entretien sans indications préalables.
Résultat : selon les chercheurs, les personnes prévenues que toute fausse réponse était susceptible d’être détectée ont été beaucoup plus sincères dans leur discours, même si celui-ci ne les servait pas. Et Chris Wright, l’un des responsables de l’étude, de déclarer : “Nous nous sommes rendus compte que les gens prévenus contre la possibilité de détection du mensonge ont eu de moins bons résultats, ce qui suggère qu’ils ont donné des réponses plus honnêtes et n’ont pas cherché à embellir leurs réponses”. Ce qui fait que les scientifiques suggèrent que prévenir simplement les candidats pourrait désamorcer la tentation de mentir. Cela sans investir dans des tests qui existent déjà et qui bâtissent un profil de l’individu à partir de ses diplômes, son expérience, son comportement, ses compétences… Ou qui consistent à poser la même question de plusieurs façons afin de voir ensuite la crédibilité des propos. “Avertir les participants s’avère un moyen simple et moins coûteux de les engager à la sincérité”, conclut le chercheur. Finalement, tout est une question de bonne foi…

Rédigé par Matthieu Turquetil