Les plates-formes collaboratives professionnelles ont un rôle à jouer au niveau du knowledge management. Notamment en permettant de mettre au point des projets orientés vers les utilisateurs.

Voilà plus de vingt ans que des solutions informatiques sont utilisées pour la gestion des connaissances. Le domaine a même trouvé sa consécration avec l'acronyme KM (Knowledge Management). Je ne reviendrai pas sur la malheureuse déconfiture de l'intelligence artificielle appliquée au monde professionnel. Le KM en entreprise se traduit aujourd'hui par l'utilisation beaucoup plus prosaïque de techniques documentaires. Pour avoir suivi un nombre significatif de projet d'entreprise de knowledge management, mon constat est qu'ils sont aujourd'hui en grande majorité des échecs. Entendons-nous bien, vous ne verrez pratiquement jamais un chef d'entreprise reconnaître que son projet de gestion du savoir en est un. Après avoir consenti tant d'efforts dans des plans de classement, réuni des comités, accumulé des centaines de documents, la moindre des choses est d'affirmer que l'initiative a atteint ses objectifs.
Des projets orientés utilisateurs
Certes, en volume documentaire, ces projets atteignent souvent des objectifs chiffrés. Mais en quoi l'accumulation de ces traces de connaissances font-elles progresser le savoir de l'entreprise ? Les outils de travail collaboratif entretiennent d'ailleurs parfaitement cette illusion. Ne permettent-ils pas de produire encore et encore de nouveaux documents ? D'apporter la satisfaction du travail bien fait avec leurs fonctions de classement, de partitionnement, d'indexation ? Pour être tout à fait juste je pense qu'ils participent d'une certaine manière à la gestion du savoir, mais plus à cause de leur apport dans la mise en relation des personnes dans l'entreprise que de leur assistance à la production documentaire. C'est pourquoi sans céder aux sirènes de la nouveauté, je crois que certaines techniques apportées par les réseaux sociaux d'entreprise ont un rôle à jouer dans cette gestion du savoir. Peut être seront-elles le catalyseur qui permettra à des projets orientés vers les utilisateurs et non pas simplement leur management de voir le jour.
Assembler documentaire et relationnel
A mon sens les approches documentaire et relationnelle sont totalement complémentaires. C'est leur assemblage qui permet de construire une base technologique capable d'apporter sa contribution au développement et à la diffusion des savoirs dans une entreprise. Une initiative qui n'intégrerait pas ces deux approches a toutes les chances de rejoindre la litanie de projets de KM morts nés. L'approche documentaire plus formelle permet de normaliser les connaissances, d'apporter des références utiles, de créer un capital. L'approche relationnelle favorise l'émergence des nouvelles connaissances, d'idées. Elle permet la diffusion rapide et opérationnelle du savoir et autorise une exploitation intelligente du capital documentaire. Je crois que les entreprises s'intéressent sincèrement à la valorisation de leur capital humain et qu'elles ont compris qu'il était plus rentable qu'un capital documentaire trop souvent inutilisable.