Mal utilisées, les méthodes de crowdsourcing en entreprise peuvent rester sans résultat ou poser d'autres problèmes. Une solution est de passer par des acteurs qui font l'intermédiation.

Pour commencer à tester le crowdsourcing, la co-création ou l'innovation ouverte il me semble important d’être conscient de ses options et des règles à respecter. Une option que je n’ai pas encore évoquée, mais qui est celle que la plupart des entreprises retiennent pour commencer, est de s'associer à un intermédiaire. Dans une étude de Forrester sortie début septembre, l'intermédiaire français Eyeka a émergé comme leader mondial de la co-création. Le rôle de l'intermédiaire est de trouver, connecter et protéger les différentes parties d’une recherche de solution. Dans le meilleur des cas, la protection est inscrite dans le business model de l'intermédiaire : il touche un pourcentage lorsqu'une transaction a lieu. Il a donc un intérêt commercial et non seulement moral à s'assurer qu'une solution qui fonctionne soit choisie et rémunéré de façon adéquate. On peut distinguer deux types d'intermédiaires: les entreprises de conseil et les places de marché (PDM).

Créer une communauté

Parmi les entreprise de conseil, on distingue les entreprises spécialisées en accompagnement des démarches d'innovation ouverte, comme bluenove et celles qui, comme Alma Consulting Group, enrichissent une offre de conseil historique par un programme d'accompagnement à l'innovation ouverte sous forme de crowdsourcing.

Si les entreprises de conseil aident à implémenter l’innovation ouverte, les places de marché créent elles-mêmes une communauté à qui elles adressent les différents appels à solutions de façon ponctuelle. A partir d'une demande spécifique, certaines PDM, comme hypios, proposent d'élargir la recherche de compétences au-delà de leur seule communauté. L'argument de vente des PDM est souvent qu'elles s'adressent non seulement à des experts au sens scientifique ou commercial et permettent donc d’éliminer le biais de l’expertise pour trouver des solutions plus originales.

Du Do It Yourself ?

Certaines PDM proposent un procès diy, c'est-à-dire que les entreprises formulent leurs demandes elles-mêmes. D'autres intègrent l'accompagnement dans leur offre. L'étude internationale de Forrester Research a particulièrement souligné l'importance de l'accompagnement des clients et la taille de la communauté des places de marché. Astuce : sur certaines plates-formes, le client peut choisir s'il veut que tous les participants voient les solutions des autres ou non. Dans mon ancienne entreprise, nous avons testé les deux approches avec 99designs: quand nous étions seuls à voir les solutions, nous recevions moins de solutions, mais elles étaient beaucoup plus diverses que lorsque toutes les solutions étaient publiques et que les différents participants pouvaient "s'inspirer" du travail des autres. Parfois il vaut mieux être aveugle.