Lire ou travailler sous un arbre, une après-midi d’été. Il fait presque frais, le mouvement de feuilles fait sporadiquement de l’ombre sur votre écran d’ordinateur. Quelques nuages passent, qui apaisent momentanément la luminosité parfois presque trop vive.

 

Vous êtes bien ? Alors sachez que ce bien être peut n’être en aucun cas lié à la qualité de ce moment, mais à la luminosité. Une équipe de l’institut IAO du Fraunhofer s’est ainsi attachée à reproduire en intérieur la luminosité d’un ciel d’été légèrement couvert, afin de donner aux individus une impression d’immensité, difficile à avoir dans un bureau classique. En fait, les chercheurs ont observé les changements qui s’opèrent sur la luminosité lorsque des nuages passent dans le ciel. Des changements qui ne sont parfois pas véritablement perceptibles à l’œil nu. Ce sont ces variations qu’ils ont reproduites à l’identique. Cela, grâce à une série de panneaux truffés de LED rouges, bleues, vertes et blanches, connectés en réseaux. Un film les recouvre, qui vise à unifier la lumière émise.

Un programme permet de réaliser les changements de luminosité de la manière la plus naturelle possible, et diffuse le tout pendant la journée de travail.

Selon les chercheurs, reproduire un tel environnement permet de ressentir des sensations de libertés et d’immensité permettant d’améliorer la qualité du travail. Le tout, tout en restant dans son cube de béton.

Cela me fait penser à une nouvelle de Tournier que j’aimais beaucoup, La fugue du Petit Poucet. Les parents du jeune héros veulent déménager dans un immeuble en ville, avec baies vitrées qui ne s’ouvrent pas et air conditionné. Tout le confort. Mais sans pouvoir sentir le vent. Je vous passe l’histoire, mais l’enfant finira par investir l’appartement, après avoir fugué et obtenu les bottes de Logre, rencontré pendant son périple. Et qui, quand il les chausse, lui permettent de se rêver dans la forêt. Ici, c’est un peu pareil. En regardant le plafond, vous pourrez vous remémorer vos belles journées d’été, et travailler de manière plus apaisée.

Formidable. Et si une autre solution n’était pas de permettre tout simplement à ses collaborateurs de s’absenter hors les murs une ou deux fois par semaine, pour travailler dans un parc, dans un jardin, dans un ailleurs ? 

Rédigé par Mathilde Cristiani
Head of Media