Le scandale de “Xue Manzi” s’est apaisé. La police a attaqué certaines “agences de communication” qui créeraient et diffuseraient de fausses informations sur Weibo.

Considéré comme l’un des réseaux sociaux les plus importants de Chine, avec plus de 500 millions d’inscrits et 50 millions d’utilisateurs actifs chaque jour, Weibo est une plate-forme à partir de laquelle se crée l’actualité, ensuite partagée publiquement. Pour les marchands, un des moyens les plus efficaces d’utiliser ce réseau est d’inviter les leaders d’opinion ayant plusieurs « followers » à partager des micro-blogs pour réaliser un buzz marketing. Ces influenceurs peuvent être des vedettes, des leaders dans un domaine, des journalistes ou encore des gens exerçant une profession libérale. Auprès des agences de communication, la rémunération de ce petit “coup de main” s’élève entre 50 et 120000 yuan (6-14000 euros) selon la popularité du blogueur. A tel point que certains utilisateurs diffuseraient de fausses informations dans l’unique but d’attirer le plus de fans et d’être connus.

La plupart du temps, ces “agences de communication” vendent aussi des miroirs aux alouettes quantitatifs. Il est ainsi possible d’acheter les « fans zombies » (5 yuans les 1000 fans) pour augmenter sa cote de popularité. Plus vous serez généreux, plus grand sera le nombre de zombies qui sortiront de leurs tombes pour vous soutenir. Parfois avec de sombres desseins : c’est par les medias chinois que l’on a appris qu’une entreprise avait été attaquée par des leaders d’opinion et des fans zombie sur ordre de son concurrent.

Ces mauvaises pratiques auraient atteint de tels niveaux que, selon le quotidien local « Quotidien Huanan », 60% des comptes sur Sina Weibo proviennent de faux fans, et seuls 5% des micro-blogs sont originaux, les autres étant retweetés.

Par Fanny Cheng, analyste stagiaire chez L'Atelier BNP Paribas Shanghai. Elle s'intéresse aux réseaux sociaux, la veille concurrentielle et la stratégie d'entreprise.