L'Atelier vous parle depuis longtemps de la transformation qui affecte les industries de fabrication. Certes, cela fait bien longtemps que Michelin a ajouté du service gastronomique à la fabrication des pneus, mais la numérique accélère encore le mouvement. Ceux qui écoutent la Webstratégie de L'Atelier Numérique, émission que nous produisons sur BFM, savent de quoi je parle ici.

L'Atelier vous parle depuis longtemps de la transformation qui affecte les industries de fabrication. Certes, cela fait bien longtemps que Michelin a ajouté du service gastronomique à la fabrication des pneus, mais la numérique accélère encore le mouvement. Ceux qui écoutent la Webstratégie de L'Atelier Numérique, émission que nous produisons sur BFM, savent de quoi je parle ici. Ceux qui n'écoutent pas peuvent aller le faire ici. Dernier exemple de servicisation en date, et non des moindres, Lexmark. Ici, on a plutôt l'habitude de vous parler des Fab Lab et des imprimantes 3D, mais l'exemple de constructeur américain mérite que l'on s'y arrête.

Pour ses vingt ans, celui-ci annonce une réorientation stratégique. Abandon de lignes de produits ? arrivée de la 3D, délocalisation des chaines de production ? Que nenni ! Il s'agit de se transformer en fournisseur de services dématérialisés, en l'occurence, de la gestion de documents. Amusant de penser qu'IBM avait filialisé l'activité en 1991, avant de devenir lui-même un spécialiste de l'infrastructure de gestion documentaire. Voilà qu'ils vont peut-être devenir concurrents, suite à l'achat de Perceptive Software par Lexmark... Mais ce n'est pas le sujet.

Voilà, il a fallu vingt ans à ce constructeur pour passer de la construction à la dématérialisation, en dotant ses imprimantes d'une connexion réseau, puis en ajoutant une fonction de numérisation. Dommage qu'ils n'aillent pas jusqu'au bout, en réinventant l'imprimante en suivant l'exemple fourni par Apple et sa réinvention du baladeur numérique, en donnant à cet outil pour colorier les pages une plate-forme d'interaction comme peut l'être iTunes. Et surtout, en dématérialisant les logiciels acquis avec Perceptive Software, et en les amenant dans les nuages.

Rédigé par Renaud Edouard-Baraud
Directeur général de L'Atelier BNP Paribas Asia