Et si un téléphone était capable d’aider les personnes dépendantes à décrocher ?

Le smartphone sert à tout, même à lutter contre l'addiction à la drogue

 

Selon une étude menée par des chercheurs de la faculté de médecine du Massachusetts, de nombreuses interventions comportementales utilisées pour traiter des patients admis en cure de désintoxication deviennent vite inefficaces à l’extérieur. Cet échec pourrait être lié à plusieurs facteurs, y compris l’incapacité d’un individu à reconnaître les changements biologiques qui indiquent un risque accru de rechute ou une incapacité à changer ses comportements pour réduire les risques pour la santé.

Les chercheurs se sont donc associés avec l’Institut de technologie du Massachusetts pour mettre en place un système et aider les anciens toxicomanes à ne plus replonger. Le fruit de leur travail se prénomme IHEAL.

Il se compose de deux phases : une bande de capteurs accrochée autour du poignet, et qui mesure les changements physiologiques (les mouvements du corps, la température de la peau et la fréquence cardiaque), indicateurs de stress. Les capteurs transmettent ces informations au smartphone, à l’aide d’un système sans fil et les applications logicielles qui y sont présentes permettent ensuite de contrôler et traiter les données physiologiques du patient.

Lorsque le logiciel présent dans le smartphone détecte un niveau de stress accru, il demande à l’usager d’introduire des informations sur son niveau de stress, ses envies de drogue et l’activité qui a provoqué le stress. Ces informations sont ensuite utilisées pour identifier, en temps réel, le risque de plonger à nouveau dans la drogue et transmises aux spécialistes.

Les chercheurs n’en sont encore qu’à la phase d’essai, mais celle-ci pourrait être concluante dans peu de temps. La sécurité des données des patients apparaît comme la priorité dans la recherche, mais aussi la discrétion de l’équipement, pour éviter que l’ancien toxicomane ne soit stigmatisé comme tel.

Une recherche qui pourrait permettre, si les patients sont d’accord pour continuer à décrocher de leur addiction, un réel suivi de traitement. 

Rédigé par Marion Auvray